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C’est un secret de polichinelle qui refait surface à chaque saison des pluies. Dès que l’orage gronde ou que la nuit tombe, certains habitants de certains quartiers de la capitale surtout, adoptent un comportement destructeur pour la communauté. Ils se plaisent à déverser les déchets ménagers directement dans les égouts et les caniveaux.

Ces mauvaises pratiques d’assainissement, souvent invisibles sur le moment, provoquent des conséquences catastrophiques. Pourquoi ce phénomène persiste-t-il et comment y mettre fin ? Enquête sur un fléau environnemental et urbain.

L’effet « ni vu, ni connu »

Le piège de la pluie et de l’obscurité sont atouts incontestés pour ces habitants inciviques. Le scénario est tristement classique. Profitant de la force des eaux de ruissellement lors d’une forte pluie, ou de la complicité de la nuit, des individus vident leurs poubelles, sacs plastiques et résidus domestiques dans les infrastructures d’évacuation. L’idée, c’est de laisser l’eau emporter les ordures pour s’en débarrasser gratuitement et sans effort.

Et pourtant, ce calcul est à court terme. Les réseaux d’assainissement urbains sont conçus pour canaliser l’eau de pluie, pas pour transporter des tonnes de déchets solides.

Le résultat de ce comportement est plus que glaçant. Les ordures s’accumulent dans les coudes des canalisations, créant des bouchons massifs impossibles à résorber naturellement.

Les conséquences dramatiques des mauvaises pratiques d’assainissement

Ce manque de civisme ne se limite pas à une pollution visuelle. Il impacte directement la sécurité et la santé de milliers d’individus et même les auteurs de ces actes inciviques.

D’abord, ces actes d’une autre époque, est à l’origine des inondations urbaines à répétition. Lorsque les égouts sont bourrés de déchets, l’eau de pluie ne peut plus s’infiltrer. Elle s’accumule sur la chaussée, envahit les habitations, détruit les infrastructures et paralyse même le trafic routier. Ce qui aurait dû être une simple averse se transforme, le plus souvent, en inondation dramatique.

Ensuite, il faut penser au désastre écologique causé aux cours d’eau. Tout ce qui est jeté dans la rue finit sa course dans la nature. Les plastiques, huiles de vidange et produits chimiques déversés la nuit, polluent les nappes phréatiques et finissent par asphyxier les rivières et les océans situés en aval.

Enfin, des risques sanitaires majeurs surgissent quand on s’y attend le moins. L’eau stagnante, mélangée aux déchets ménagers, devient le terrain de jeu favori des vecteurs de maladies. Ainsi, l’on se trouve coincé entre prolifération de moustiques (paludisme, dengue), et multiplication risques de contamination de l’eau potable et apparition de maladies hydriques (choléra, typhoïde).

Quelle alternative face au fléau ?

Pour éradiquer ces incivilités environnementales, une réponse collective et répressive est indispensable. Ceci à plusieurs niveaux :

– Renforcer les contrôles et les sanctions : L’activation des vigiles par des CDQ et l’application d’amendes sévères pour « abandon de déchets » seraient des solutions dissuasives efficaces.

– en outre la sensibiliser des populations reste un moyen aussi non moins efficace. Il est crucial de rappeler, via des campagnes locales, que « la rue n’est pas une poubelle » et que les caniveaux doivent être maintenus propres.

– l’autre volet important est l’améliorer de la collecte des ordures. Les services de gestion des déchets doivent être accessibles, réguliers et de proximité. Ceci dans l’optique de décourage le recours aux décharges sauvages nocturnes.

Mabé B.

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