La question de l’emploi des jeunes impose son rythme aux politiques publiques, obligeant à penser des réponses à la fois rapides, efficaces et adaptées aux réalités du terrain. Dans cette recherche d’équilibre entre urgence et pertinence, les formations de courte durée, connues sous l’appellation FCD, s’affirment progressivement comme une solution crédible, portée par une ambition simple mais exigeante : celle de former utilement en peu de temps et de permettre une insertion presque immédiate.
Elles sont conçues dans le cadre de la Feuille de route gouvernementale. Dans le même élan, les réformes engagées ces dernières années pour rapprocher le système éducatif du monde professionnel trouvent ici une traduction concrète. Le décret du 14 octobre 2025 vient consolider cette orientation en facilitant les passerelles entre les différents parcours, permettant aux jeunes de construire des trajectoires plus souples et plus cohérentes.
Apprendre vite pour répondre à des besoins réels
À la différence des parcours classiques, souvent longs et parfois éloignés des attentes du marché, les FCD privilégient une approche resserrée, centrée sur l’essentiel. En l’espace de deux à six mois, les bénéficiaires acquièrent des compétences directement mobilisables, grâce à des formations dispensées aussi bien en entreprise que dans des centres spécialisés, où la pratique occupe une place centrale.

Ce choix pédagogique répond à une logique d’efficacité, en orientant les jeunes vers des secteurs où les besoins sont clairement identifiés. L’agriculture, le maraîchage, l’élevage, la pisciculture, la transformation agroalimentaire, mais aussi l’artisanat et les services constituent autant de domaines dans lesquels les opportunités existent et peuvent être rapidement saisies. Ainsi, plutôt que de multiplier les formations sans débouchés, le dispositif fait le pari d’une adéquation fine entre les compétences acquises et les réalités économiques.
Le FNAFPP, un acteur public clé
Si le dispositif tient aujourd’hui sa promesse, c’est en grande partie grâce à l’implication du Fonds national d’apprentissage, de formation et de perfectionnement professionnels (FNAFPP). Ce dernier agit comme un véritable levier, en assurant à la fois le financement des formations et l’accompagnement des acteurs impliqués. En 2020, par exemple, 2.043 personnes ont bénéficié de l’appui du fonds, tandis qu’en 2021, près de 2.000 ont été formées.
Son intervention s’étend à l’identification des besoins en compétences, à l’appui aux entreprises et aux organisations professionnelles dans la conception de leurs projets de formation, ainsi qu’à la promotion de modèles d’apprentissage plus ancrés dans la réalité du travail, notamment à travers l’alternance.
Cette présence à chaque étape permet de garantir une certaine cohérence d’ensemble et d’éviter les décalages entre l’offre de formation et la demande du marché.

Montée en puissance progressive
Grâce à l’appui régulier du FNAFPP, le développement des FCD s’est appuyé sur une démarche progressive, permettant d’ajuster le dispositif au fil des expériences. Une première phase pilote a concerné 65 jeunes, ouvrant la voie à une extension à 100 bénéficiaires en 2023, puis à 175 en 2024. Aujourd’hui, ce sont 275 jeunes qui ont été formés et accompagnés.
Cette progression s’appuie sur une coordination assurée par la Direction de la formation professionnelle et de l’apprentissage, avec le concours de partenaires techniques et financiers. À ce titre, l’appui de la coopération allemande, à travers ses projets, a joué un rôle déterminant. Le projet ProDED a permis de former 65 bénéficiaires dès la phase pilote, posant les bases du dispositif, tandis que le projet ProEmploi+ a contribué à élargir l’initiative en accompagnant, à ce jour, 349 jeunes.
Depuis 2022, plus de 7 cohortes ont ainsi été formées, représentant plus de 800 bénéficiaires répartis dans une vingtaine de métiers, ce qui traduit une dynamique désormais bien installée.
Insertion facilitée
Mais former ne suffit pas si les bénéficiaires ne disposent pas des moyens nécessaires pour se lancer. C’est dans cette optique que s’inscrit la remise de kits d’installation, organisée le 19 mars 2026 dernier à Lomé au profit de 275 jeunes.

Chaque kit, conçu en fonction du métier appris, comprend les outils indispensables pour démarrer une activité dans des conditions satisfaisantes. Qu’il s’agisse d’outils agricoles, d’équipements d’irrigation, de matériel d’élevage, d’instruments de transformation ou d’outils de construction, l’ensemble vise à rendre opérationnels des jeunes désormais formés.
Cette diversité des équipements fait écho à celle des filières proposées, qui vont du maraîchage et du compostage à la pisciculture, en passant par la production d’huiles végétales, la transformation de produits carnés et halieutiques, les soins corporels, la maçonnerie ou encore les techniques d’irrigation. Autant de domaines dans lesquels les bénéficiaires peuvent envisager une activité viable.
La Rédaction
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