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Depuis l’avènement de la communalisation intégrale, la gestion des frontières locales est devenue un enjeu crucial au Togo. Pour prévenir et régler les conflits territoriaux, qui freinent le développement local, le gouvernement passe à la vitesse supérieure. Un nouveau Comité national vient de voir le jour avec une mission claire : redessiner les contours d’une cohabitation pacifique entre les 117 communes du pays.

L’exécutif togolais a officiellement mis en place un Comité national chargé de plancher sur la problématique des limites communales. Placé sous la tutelle directe du ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, cet organe aura la lourde tâche d’examiner toutes les contestations géographiques.

L’objectif est de proposer à l’exécutif des bases d’arbitrage irréprochables, notamment à la fois techniques et basées sur des données précises ; fiables et incontestables ; objectives et neutres ; et surtout durables. L’idée est d’éviter les résurgences de tensions de tous ordres.

« Les communes sont composées de cantons, mais les limites ne sont pas toujours matérialisées sur le terrain. Cela entraîne des conflits qu’il faut anticiper et résoudre », a expliqué Robert Baoubadi Bakaï, directeur de cabinet du ministère de l’Administration territoriale et président dudit Comité, à l’ouverture de la première session de travail de cet organe à Lomé.

Foncier, taxes et sécurité : les véritables enjeux de la délimitation

Les travaux, lancés officiellement par le ministre Hodabalo Awate, visent à valider une feuille de route opérationnelle. Pour exécutif, l’urgence de cette cartographie administrative repose sur un double enjeu stratégique.

D’abord, un impact économique et social qui passe par le règlement des frictions entre les collectivités territoriales depuis le passage à la communalisation intégrale. Car, il faut le souligner, l’absence de démarcation claire pose un véritable problème de gestion notamment foncière (conflits de propriété entre communautés, mais aussi territoriaux (incertitudes sur l’appartenance de certains villages ou infrastructures), et le recouvre difficile des taxes du fait des pertes de revenus fiscales pour les mairies, qui ne savent pas précisément où s’arrêtent leurs compétences économiques.

Ensuite, l’impératif de sécurité nationale oblige, au-delà de l’administration pure, à opter pour une résolution de ces litiges est une arme contre l’instabilité régionale. Et cela, le ministre Hodabalo Awate a d’ailleurs fermement rappelé le lien entre cohésion sociale et sécurité nationale.  « La menace terroriste et l’extrémisme violent doivent être pris avec sérieux, car ces groupes exploitent souvent les petits conflits pour s’infiltrer dans les communautés », a-t-il expliqué.

Face à ce péril, la rigueur, l’objectivité et le professionnalisme ont été érigés en maîtres-mots pour les membres du Comité dans l’analyse des différents dossiers.

Pour rappel, le processus de décentralisation au Togo a franchi un cap historique ces dernières années. Le pays est aujourd’hui structuré autour de 117 communes réparties sur l’ensemble du territoire national.

Grâce à cette nouvelle instance d’arbitrage, le Togo espère transformer ses frontières internes en leviers de développement économique et de paix durable, plutôt qu’en sources de division.

La Rédaction

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