Était-il un guide spirituel ? Un réformateur de la religion juive ? Un guérisseur ? S’appuyant sur les textes sacrés et sur les dernières découvertes archéologiques, l’historien Jean-Christian Petitfils est parti à la recherche du Jésus historique.
Sujet d’une multitude infinie d’œuvres religieuses, philosophiques, historiques, littéraires ou artistiques, Jésus est sans aucun doute le personnage qui, dans toute l’histoire de l’humanité, fascine le plus, que l’on soit ou non croyant. Il ne se passe pas six mois sans que paraissent, rien qu’en langue française, plusieurs ouvrages sur lui. Cet intérêt témoigne d’une vive curiosité historique, mais aussi d’une quête de sens et de spiritualité dans un monde largement sécularisé. Pourtant, trop de livres à destination du grand public restent marqués par une subjectivité excessive ou par le goût du sensationnel.

Une approche rationnelle, sereine, équilibrée de l’homme Jésus s’impose donc, loin des polémiques ou du scandale. Que sait-on vraiment sur le plan historique du fondateur du christianisme ? Qui était-il ? Un thaumaturge itinérant, un nouveau prophète, un réformateur juif, le Messie attendu par Israël ? Pour quelle raison et à l’instigation de qui a-t-il été exécuté ? Bref, quelles sont les données sûres et celles qui le sont moins ?
Le rôle de l’historien consiste à croiser les sources et les faits avérés, à analyser et soupeser les textes, à tenir compte des découvertes archéologiques (nombreuses ces dernières années en Israël) et finalement à énoncer les hypothèses les plus vraisemblables. Il n’a pas à être lié par des croyances religieuses, mais il doit s’arrêter au mystère, en le respectant, laissant à chacun la liberté de l’interpréter selon ses convictions.
Ainsi, ne peut-il se prononcer, en tant que tel, sur les exorcismes, les miracles et a fortiori sur le mystère de l’Incarnation ou de la Résurrection. Cela n’entre pas dans son domaine de compétence. Impossible pour lui d’assurer ou de nier que Jésus a bien transformé l’eau en vin dans le village galiléen de Cana, qu’il a marché sur les eaux du lac de Tibériade, qu’il a multiplié les pains et les poissons à Tabgha, afin de nourrir la foule venue l’écouter, qu’il a guéri « l’aveugle-né » de Jérusalem ou qu’il a ramené de la mort à la vie son ami Lazare dans le petit village de Béthanie.

Les autres sources renseignant les historiens sur l’existence de Jésus
De quelles sources dispose-t-on en dehors des quatre Evangiles canoniques, reconnus par les Eglises chrétiennes ?
Elles sont peu nombreuses : quelques notations glanées chez des auteurs antiques, Tacite, Pline le Jeune, Suétone, et surtout Les Antiquités judaïques, un texte d’un historien juif romanisé, Flavius Josèphe, datant de la fin du Ier siècle : « À cette époque vivait un sage qui s’appelait Jésus. Sa conduite était juste et on le connaissait pour être vertueux. Et un grand nombre de gens parmi les Juifs et les autres nations devinrent ses disciples.
Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. Mais ceux qui étaient devenus ses disciples continuèrent à être ses disciples. Ils disaient qu’il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant : ainsi il était peut-être le Messie au sujet duquel les prophètes ont raconté des merveilles ».
Le Talmud de Babylone, qui synthétise les traditions des cinq premiers siècles du judaïsme moderne, parle également de lui : « La veille de la Pâque, on pendit “Yeshû ha-notsri” (Jésus le Nazaréen) […] parce qu’il a pratiqué la sorcellerie et qu’il a séduit et égaré Israël ».

Ces textes, malheureusement, nous renseignent peu sur le Jésus de l’Histoire. Ils attestent cependant qu’il n’a pas été un mythe, un personnage imaginaire, comme certains l’ont prétendu à partir du XIXe siècle. Même le philosophe romain Celse, violent polémiste antichrétien du IIe siècle, ne mettait pas en doute son existence. C’est sur la Résurrection qu’il butait : « Mort, dites-vous, il ressuscita et montra les trous de ses mains. Mais qui a vu tout cela ? » Aujourd’hui, aucun historien sérieux ne remet plus en cause l’existence de Jésus.
A suivre ….
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