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10 décembre 1973-10 décembre 2023. Voici 50 ans que la diva togolaise Bella Bellow a quitté le monde des vivants. Placé sous le haut patronage du président Faure Gnassingbé, pour ce 50e anniversaire, le Gouvernement a pris les choses en main. Il organise, à travers le ministère de la Culture et du Tourisme, plusieurs activités, en collaboration avec la famille biologique de l’illustre disparue et l’appui d’Ecobank Togo. Le programme a été communiqué à l’opinion le 11 décembre 2023, au cours d’une conférence de presse organisée au siège d’Ecobank Transnational Incorporated (ETI) à Lomé. C’était en présence de Dr Kossi Lamadokou, ministre en charge de la culture, ainsi que la famille biologique de Bella Bellow, notamment sa fille et son petit frère.

Cette conférence de presse visant à annoncer les manifestations commémoratives du jubilé d’or de la disparition de la diva Bella Bellow a réuni également des journalistes, membres de la famille de Bella Bellow et artistes de la chanson. Selon le programme de la célébration, qui vise à rendre un hommage à cet artiste qui est l’une des pionnières de la musique togolaise, il y aura plusieurs activités, notamment des concerts.

Pour la circonstance, le ministre de la Culture et du Tourisme, M. Kossi Gbényo Lamadokou, a exprimé la joie et la satisfaction de tout le gouvernement pour l’engagement personnel et la détermination du chef de l’État à faire de ce cinquantième anniversaire de la disparition de cette diva, un événement national. «Nous allons célébrer cet anniversaire de la manière la plus digne possible, parce qu’ainsi en a décidé le chef de l’État. Nous allons mettre tout en œuvre pour que cette commémoration puisse avoir l’éclat voulu par lui », a-t-il précisé.

Le ministre Lamadokou a signalé qu’au niveau du gouvernement, cette commémoration se préparait déjà et les actes se feront en trois étapes. « Au niveau du gouvernement, sur les orientations du chef de l’Etat, nous avons compris qu’à cinquante ans cette année, les œuvres de notre Diva tomberaient dans le domaine public. Cela veut dire que les textes qui protègent les œuvres prescrivent la durée de cinquante ans post mortem à l’issue de laquelle l’œuvre tombe dans le domaine public. On ne peut plus percevoir les droits sur l’œuvre. Donc, le gouvernement sentant cela venir, a dû adopter en procédure d’urgence la loi sur les droits d’auteurs, les droits voisins et les expressions du folklore. Ainsi, à partir de cette année, la jouissance des droits patrimoniaux post mortem passe à soixante-dix ans. Ce qui veut dire qu’à partir de cette année, toutes les œuvres de notre Diva ne tomberont pas dans le domaine public, mais, survivront vingt ans encore », a-t-il annoncé, tout en signalant que d’autres actes et décisions seront prises.

Au programme de la célébration annoncée par le ministre, figure  un premier concert grand public, tenu le jeudi 14 décembre sur la scène Bella Bellow de l’Université de Lomé suivi le vendredi 15 décembre, par la prière musulmane à la mosquée centrale de Lomé et dans la soirée, un concert-dîner à l’hôtel 2 Février. Le dimanche 17 décembre, il était prévus un culte protestant à Apégamé et le soir à 19h, le deuxième concert grand public  sur l’esplanade du Palais des Congrès de Lomé. A noter aussi, le 26 janvier 2024, la dédicace du livre « Bella Bellow, une légende africaine » écrit par le Togolais Jules Ahadji Komla.

 A en croire le ministre, le troisième volet des activités, ce sont les mesures qui relèvent de la discrétion du chef de l’Etat qui sont en maturation avancée et sont destinées à immortaliser et matérialiser la mémoire de notre illustre.

Après la présentation du programme, Mme Nadia Agbodjan-Jamier a pris la parole, pour exprimer sa profonde gratitude au public. « Je tiens à exprimer ma gratitude au président de la République, Faure Essosimna Gnassingbé, pour son implication personnelle et ses efforts pour la culture dans notre pays. L’intention de rendre hommage à l’héritage culturel laissé par ma mère, Bella Bellow, a été une démarche touchante… ». Elle a été impressionnée du fait que cinquante ans après l’amour pour sa mère, ses œuvres continuent par toucher des cœurs.

Emmanuel Bellow, petit frère de Bella Bellow, a, pour sa part, exprimé, au nom de toute la famille biologique, ses remerciements au Gouvernement pour son engagement dans la commémoration du 50e anniversaire du décès de sa feue sœur. « Si au bout de 50 ans, l’État togolais a décidé de prendre les choses en main, je crois que c’est déjà un pas monumental. Je ne peux que remercier infiniment cette initiative du chef de l’État. Mais le souhait réel de toute ma famille, c’est que nous espérons maintenant en toute sincérité que dans la fameuse 3e étape dont le ministre nous a parlé, qu’au moins un carrefour, une rue ou peut-être un boulevard soit renommé(e ) au nom de notre feue sœur Bella Bellow», a-t-il souhaité.

Il a chuté dans son speech en racontant une anecdote sur sa sœur. « Elle disait toujours qu’elle ferait tout pour faire connaître son tout petit pays, le Togo ». Il a dit aussi que Bella, c’est la ténacité. « Ce qui m’a le plus marqué en elle, c’est sa ténacité. Travailler, encore et encore…Elle dit que c’est en travaillant qu’on réussit ».

Qui est Bella Bellow?

De son vrai nom Georgette Nafiatou Adjoavi Bellow cette chanteuse, compositrice et parolière togolaise est née en janvier 1945 à Tsévié. Elle a eu l’occasion de se produire sur des scènes internationales, comme l’Olympia de Paris et le Stade Maracana de Rio de Janeiro. Toujours habillée en pagne wax, elle chante majoritairement dans sa langue maternelle, le mina (ou gen). De sa voix rauque, elle a participé à la diffusion de la musique populaire togolaise et africaine.

Une fois ses études primaires et secondaires effectuées, elle gagne Abidjan pour une formation en secrétariat, et en profite pour suivre des cours de solfège à l’Institut des Arts.

En 1965, elle chante à Cotonou à l’occasion de la fête de l’indépendance du Bénin, l’ex-Dahomey Festival mondial des arts nègres à Dakar au Sénégal lui ouvre la voie d’une consécration internationale. Son ancien professeur de dessin au Lycée de Sokodé, Paul Ahyi, peintre togolais, lui organise une rencontre avec Gérard Akueson qui devient son impresario. Il rassemble autour d’elle une équipe de musiciens aguerris : Slim Pezin à la guitare, Jeannot Madingué, à la basse, Ben’s à la batterie et Manu Dibango au clavier et à l’arrangement. Elle enregistre en 1969 Rockya, son premier album sous le nom d’artiste de Bella Bellow. Elle met ensuite sur pied son propre groupe, Gabada.

Après le Festival panafricain d’Alger où elle rencontre la Sud- africaine Myriam Makeba,elle se produit à l’Olympia à Paris. Elle participe ensuite à plusieurs concerts en Europe, aux Antilles (Guadeloupe et Guyane), et au Festival de chanson populaire de Rio de Janeiro au Brésil.

En janvier 1972, elle se marie avec un magistrat togolais Théophile Jamier- Lévy, et donne naissance quelques mois plus tard à Nadia Elsa, la fille unique du couple. Elle fait sa rentrée au Centre culturel français de Lomé et prépare une tournée musicale aux États-Unis avec le Camerounais Manu Dibango. Mais en revenant d’Atakpamé le 10 décembre 1973 en direction de Lomé, elle meurt dans un accident de circulation à Lilikopé, non loin de Tsévié

Daniel A. (In CHRONIQUE DE LA SEMAINE n°705 DU 21 DÉCEMBRE 2023)

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