Au Togo, le secteur extractif repose essentiellement sur les activités minières. L’exploitation des phosphates, du calcaire, des matériaux de carrière, des argiles, de la dolomie et des pierres ornementales constitue aujourd’hui la principale source de production extractive du pays. En 2023, les mines et carrières ont représenté 99,14 % des paiements extractifs déclarés. Les entreprises du secteur ont déclaré 124,25 milliards de FCFA, contre 19 milliards de FCFA en 2022.
A en croire le ministère en charge des mines, cette progression s’explique principalement par des opérations de compensation entre la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT) et l’État, représentant 102,99 milliards de FCFA, sans mouvement correspondant de trésorerie. Elle ne doit donc pas être interprétée comme une augmentation proportionnelle de la production minière. « La SNPT et SCANTOGO MINES concentrent à elles seules plus de 97 % des contributions budgétaires extractives, illustrant le poids des principales filières minières dans les recettes du secteur », informe le gouvernement.
Au-delà de sa contribution fiscale et budgétaire, le secteur extractif togolais constitue un moteur socio-économique essentiel pour le pays. Son impact sur le marché du travail s’étend des grandes exploitations industrielles aux sites d’extraction artisanale, générant des dynamiques d’emploi variées.

Pour bien appréhender le poids réel du secteur sur l’emploi national (estimé à environ 0,4 % de la population active), il est indispensable de distinguer la nature des postes créés.
Selon le Rapport ITIE 2023, les entreprises du périmètre de conciliation déclarent 3 556 emplois industriels directs (mines et sous-secteur de l’eau compris). Ils regroupent les salariés permanents et temporaires travaillant au sein des sociétés minières et des carrières. Quant aux emplois indirects, ils sont estimés entre 12 000 et 15 000 postes. Ils sont créés le long de la chaîne de valeur chez les sous-traitants, les transporteurs, les prestataires de maintenance, de gardiennage et de restauration.
Les emplois induits, eux, découlent de la consommation des ménages alimentée par les salaires distribués dans le secteur, dynamisant le commerce local et les services, bien qu’ils ne soient pas directement quantifiés par les normes ITIE.
En parallèle du segment industriel, l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) mobilise une importante main-d’œuvre. L’inventaire national de 2021 y recense 9 825 travailleurs, principalement localisés dans les régions des Plateaux, Centrale et de la Kara. Ce segment présente toutefois des réalités socio-démographiques très distinctes de l’industrie :
Alors que les femmes n’occupent que 9 % des postes dans l’industrie minière formelle, elles représentent 48 % de la main-d’œuvre dans l’artisanat minier (contre 33 % d’hommes). Les enfants de moins de 18 ans constituent 19 % des effectifs recensés dans l’EMAPE, soulignant un enjeu prioritaire de formalisation, de protection sociale et d’encadrement par les autorités.
Le secteur minier dispose d’un fort potentiel de création d’emplois qualifiés et de transfert de compétences techniques, sous réserve de soutenir les investissements dans la formation professionnelle et la promotion du contenu local. Plusieurs projets structurants en cours ouvrent des perspectives prometteuses : l’exploitation du manganèse à Nayéga par la Société Togolaise de Manganèse, la valorisation du gisement d’argile de Ledjoblibo, les partenariats industriels, notamment les accords conclus avec le Groupe OCP pour la création d’une usine locale d’engrais. « Ces initiatives visent à accélérer la transformation locale des minerais, étape fondamentale pour maximiser la création de valeur ajoutée et générer des emplois durables sur le territoire togolais », relève le ministère en charge des mines.

En rappel, la contribution du secteur extractif au PIB est restée relativement stable, autour de 1 à 1,5 % entre 2021 et 2023. Cette proportion relativement modeste ne signifie toutefois pas que le secteur joue un rôle économique limité. Son importance stratégique réside également dans sa contribution aux exportations, aux recettes fiscales et parafiscales, à l’approvisionnement industriel et aux activités indirectes liées au transport, aux services, à la construction et à l’industrie manufacturière.
À plus long terme, la contribution économique du secteur minier pourrait être renforcée par la diversification des ressources exploitées, la transformation locale des minerais, le développement de nouveaux projets, le renforcement de la gouvernance et l’amélioration des infrastructures. Ces évolutions permettraient de mieux valoriser le potentiel géologique du pays et d’accroître progressivement la contribution du secteur au développement économique national.
(In LE MEDIUM n°719 du 8 au 14 Septembre 2026)
E-mail : maciteinfo@gmail.com; bawela1@gmail.com
Pour vos annonces, publi-reportages, etc., joignez-nous au (00228)91515309/79872224
www.macite.tg, L’information, la bonne !