Lomé s’impose une fois de plus comme la capitale de l’intégration africaine. Le lundi 15 juin dernier, la capitale togolaise a donné le coup d’envoi de la première Convention et Exposition africaines du transport aérien. Présidée par le Président du conseil de la République Togolaise, Faure Essozimna Gnassingbé, en sa qualité de Champion du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), cette rencontre de haut niveau réunit, jusqu’au 19 juin prochain, un parterre de dirigeants exceptionnels, dont le Président rwandais Paul Kagamé, l’ancien Président nigérian Olusegun Obasanjo, ainsi que les patrons de l’IATA, de l’OACI et d’ACI Afrique.
L’initiative vise à transformer le ciel africain en un espace de liberté, de croissance et de connectivité. Pour y parvenir, le Président togolais a partagé quatre convictions stratégiques dont nous livrons la quintessence.
Passer de l’engagement politique à la réalité opérationnelle
Pour le leader togolais, le temps des simples discours est révolu. Le MUTAA doit entrer dans une phase concrète et palpable pour les citoyens et les entreprises.

« Le Marché unique du transport aérien africain doit entrer dans une phase plus concrète. Il faut aligner les accords de services aériens, faciliter l’ouverture effective des routes, mieux utiliser les droits de trafic et développer des corridors prioritaires. », a expliqué Faure Gnassingbé.
L’harmonisation des politiques aériennes entre les États et le renforcement de la coopération opérationnelle sont désormais les priorités absolues pour fluidifier les échanges intercontinentaux.
Rendre le transport aérien plus accessible et compétitif
Le constat est partagé par tous : voyager en Afrique coûte encore trop cher et les lourdeurs administratives freinent la mobilité des entrepreneurs, des étudiants et des touristes.
Pour bâtir un écosystème robuste, le Champion du MUTAA prône une action sur plusieurs leviers, à savoir : la modernisation des infrastructures aéroportuaires, la transparence accrue dans les taxes et frais appliqués aux billets d’avion, la digitalisation des systèmes et simplification des procédures de voyage, et le renforcement des compétences techniques et de la maintenance locale.
Faire de l’aviation un moteur de la transformation économique
L’aviation ne doit plus être perçue uniquement sous le prisme du transport de passagers. Elle est une infrastructure économique majeure, particulièrement à l’ère de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le Président du conseil a insisté sur le rôle crucial du fret aérien pour soutenir des secteurs stratégiques comme l’agriculture et l’agroindustrie, le commerce numérique (e-commerce), et les exportations à forte valeur ajoutée.
Cette connectivité aérienne doit être intelligemment articulée avec les réseaux routiers, ferroviaires et maritimes pour maximiser la compétitivité du continent.
Construire une industrie aéronautique africaine durable
La souveraineté de l’Afrique passe aussi par la maîtrise de son ciel et de ses technologies. Faure Gnassingbé a invité les États à considérer l’aviation civile comme une véritable filière productive capable de générer des emplois qualifiés pour la jeunesse africaine.
De plus, face aux défis climatiques actuels, cette transition devra impérativement intégrer les exigences environnementales et les critères de durabilité pour s’inscrire dans l’avenir.
Un leadership salué par l’Union Africaine
La vision du leader togolais fait l’unanimité auprès de ses pairs. Le Président rwandais Paul Kagamé a chaleureusement salué cet engagement en rappelant qu’« aucun pays ne peut réussir seul ni prospérer dans la fragmentation ».
De son côté, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo a félicité le « Champion de la politique du ciel ouvert en Afrique » pour les progrès réglementaires majeurs enregistrés.
En reconnaissance de son leadership inspirant, un Prix honorifique a été remis au Chef de l’exécutif togolais, par la Commission de l’Union africaine et la Commission africaine de l’aviation civile.

Notons que pendant cinq jours, la Convention de Lomé sera le théâtre de discussions intenses et stratégiques structurées autour de grands axes. Au menu des tables rondes ministérielles sur l’accessibilité financière des billets et taxes, des forums politiques et dialogues exécutifs sur la facilitation de la mobilité intra-africaine, des ateliers techniques sur l’innovation, la technologie et le capital humain, et des négociations bilatérales portées sur l’investissement dans les infrastructures et corridors de fret.
JPB
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