« L’équipe du FMI a conclu un accord au niveau des services avec les autorités sur les troisième et quatrième revues conjointes du programme de réformes économiques du Togo, appuyé par l’accord au titre de la FCE. Cet accord est subordonné à l’approbation du conseil d’administration du FMI et au respect de toutes les politiques applicables du FMI », c’est ce qu’a déclaré Tidiane Kinda qui a dirigé une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) avec les autorités togolaises à Washington fin avril puis à Lomé du 11 au 19 mai 2026, sur les politiques visant à conclure les troisième et quatrième revues conjointes de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) avec le Togo. Des réunions ont eu lieu avec le ministre des Finances et du Budget, le directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), d’autres hauts fonctionnaires et des représentants d’organisations de la société civile, du secteur privé et des partenaires du développement.
Le FMI informe qu’après l’achèvement des revues, le Togo aurait accès à 80,74 millions de DTS (environ 110,8 millions de dollars), ce qui porterait le total des décaissements au titre de l’accord à 220,2 millions de DTS (environ 302,2 millions de dollars). « L’économie togolaise a continué de faire preuve de résilience malgré une conjoncture mondiale et nationale difficile. En 2025, le PIB réel a augmenté d’environ 6 %, soutenu par une forte activité dans le secteur des services, tandis que l’inflation s’est modérée », déclare le FMI.
L’institution financière informe que depuis l’achèvement de la deuxième revue, sept des huit repères structurels ont été atteints, notamment les mesures visant à renforcer la gestion des finances publiques, accroître la transparence budgétaire et mieux superviser les entreprises publiques. Les objectifs en matière de dépenses sociales et en faveur des pauvres ont été atteints, ce qui souligne l’engagement des autorités à protéger les populations vulnérables durant le processus d’ajustement.

Pour le FMI, en 2025, les résultats budgétaires ont été solides, le déficit budgétaire ayant chuté à 3,2 % du PIB, soutenu par une maîtrise des dépenses malgré des recettes quelque peu inférieures aux attentes. « La mise en œuvre du programme appuyé par l’accord au titre de la FEC a été globalement satisfaisante. La plupart des critères de réalisation quantitatifs dans le cadre des troisième et quatrième revue ont été respectés. Les progrès enregistrés dans les réformes structurelles ont été satisfaisants », dit le FMI.
Les menaces
Cependant, l’exécution du budget 2026 subit des pressions supplémentaires du choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les services du FMI et les autorités ont examiné les conséquences de ce choc sur les finances publiques et la riposte appropriée des pouvoirs publics, en soulignant la nécessité d’équilibrer soigneusement les efforts afin de contenir les pressions budgétaires tout en protégeant les plus vulnérables grâce à des mesures d’atténuation bien ciblées. « Le programme continue de viser à renforcer les finances publiques tout en préservant l’espace budgétaire nécessaire aux investissements et à la protection sociale », rapporte le FMI. Elle indique que les perspectives économiques pour 2026 indiquent un ralentissement temporaire de l’activité et une hausse de l’inflation, dus en grande partie aux répercussions de l’intensification des tensions géopolitiques mondiales, en particulier le conflit au Moyen-Orient.
Les perspectives de croissance à moyen terme sont subordonnées à de nouveaux progrès dans les réformes structurelles. La hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que leur volatilité, pourraient accroître l’inflation et les pressions sociales, tandis que des facteurs de vulnérabilité financière et extérieure persistent. Il sera essentiel de maintenir une discipline budgétaire et de gérer prudemment les financements pour préserver la viabilité de la dette. À moyen terme, l’assainissement des finances publiques, les investissements dans les infrastructures et les réformes structurelles en cours devraient atténuer ces risques.
Poursuivre les efforts
Malgré ces défis, les autorités restent déterminées à atteindre leur objectif à moyen terme d’assurer la viabilité de la dette, notamment en ramenant le déficit budgétaire à 3 % du PIB d’ici à 2027, grâce aux efforts de mobilisation des recettes dans le cadre de la prochaine stratégie de mobilisation à moyen terme, tout en préservant les dépenses de protection sociale. Les services du FMI ont salué l’engagement des autorités à continuer de s’attaquer aux poches de vulnérabilité du secteur bancaire.

Il faut donc continuer à renforcer le secteur financier et mettre en œuvre des réformes structurelles reste essentiel pour réduire les risques budgétaires et soutenir une croissance tirée par le secteur privé. Rendre les entreprises publiques plus performantes, en particulier dans le secteur de l’énergie, reste une priorité pour contenir les pressions fiscales et améliorer la prestation des services. Pour le FMI, les réformes structurelles visant à améliorer la gouvernance et le climat des affaires doivent être poursuivies afin de soutenir la compétitivité, l’investissement et une croissance inclusive.
(In LE MEDIUM n°704 du 26 mai au 1er Juin 2026)
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