La question de la sécurité alimentaire s’érige au Togo comme l’une des plus sensibles, au croisement des politiques agricoles, économiques et sociales. L’évolution du taux de couverture des besoins nationaux en viande par la production locale devient alors un objectif à atteindre à tout prix, quels que soient les efforts nécessaires.
Le taux de couverture des besoins nationaux par la production locale mesure la part de la consommation de viande assurée par la production nationale. Il indique dans quelle proportion les besoins des populations sont satisfaits sans recourir aux importations.
Plus il est élevé, mieux c’est pour un pays comme le Togo, qui ambitionne de consommer ce qu’il produit et de réduire sa dépendance extérieure.
Une progression révélatrice d’un secteur en mutation
Les données récentes du ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire témoignent d’une progression régulière. Ce taux est passé de 65 % en 2024 à 68 % en 2025, soit une hausse de 3 points en une année.

Il devrait atteindre 70 % en 2026. Une évolution qui, bien que graduelle, traduit une amélioration continue de la capacité du pays à satisfaire sa demande intérieure en produits carnés. Cela signifie que près des deux tiers de la viande consommée dans le pays proviennent de l’élevage national, tandis que le reste est couvert par des importations.
À mesure que ce taux augmente, la dépendance vis-à-vis de l’extérieur diminue, renforçant ainsi la souveraineté alimentaire du pays. Le passage de 65 % à 70 % en l’espace de deux ans peut sembler modeste à première vue. Pourtant, il s’agit d’une évolution significative dans un secteur confronté à de multiples contraintes, notamment l’accès aux intrants, les défis climatiques, la disponibilité des pâturages ou encore les enjeux sanitaires.
Cette progression traduit une amélioration des capacités de production, portée par des efforts en matière de modernisation de l’élevage, de renforcement des filières et d’accompagnement des acteurs. Elle reflète également une meilleure organisation du marché, permettant une valorisation accrue de la production locale.
Réduire encore la dépendance
L’augmentation du taux de couverture présente des avantages multiples. En réduisant le recours aux importations, elle permet de limiter l’exposition du pays aux fluctuations des marchés internationaux, souvent marqués par une forte volatilité des prix.

Elle contribue également à améliorer la balance commerciale en diminuant les sorties de devises liées à l’achat de produits carnés à l’étranger. À l’échelle nationale, elle favorise la création de valeur en soutenant les revenus des éleveurs et en dynamisant les chaînes de transformation et de distribution.
Pour les consommateurs, cette évolution assure potentiellement une meilleure disponibilité de la viande sur les marchés ainsi qu’une plus grande stabilité des prix. Elle peut également renforcer la confiance dans les produits locaux, souvent perçus comme plus frais et mieux adaptés aux habitudes alimentaires. Pour les acteurs du secteur, elle ouvre des perspectives nouvelles en matière d’investissement et de professionnalisation. Elle encourage le développement d’exploitations plus performantes et l’émergence de filières mieux structurées.
La Rédaction
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