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Les chiffres relatifs aux effectifs féminins dans les ministères et institutions engagés dans le budget sensible au genre en 2025 dessinent un tableau reluisant, quoique à améliorer. C’est le Togo qui s’affirme au féminin.

Sur 78 378 agents publics, 19 335 sont des femmes, soit environ 24,7 % des effectifs. Au niveau de l’encadrement, elles occupent 3 486 postes de responsabilité sur 15 303, représentant 22,78 %. La question qui s’impose est simple mais essentielle : s’agit-il d’un bon ou d’un mauvais signe ?

Une progression encourageante

D’un côté, les données évoquées témoignent d’une présence féminine réelle dans l’appareil administratif. Le fait que près d’un quart des agents publics soient des femmes indique une progression vers une meilleure inclusion, surtout dans un contexte où, historiquement, les fonctions administratives et décisionnelles étaient fortement masculinisées. Le principe du budget sensible au genre, justement, vise à corriger ces déséquilibres structurels en intégrant la dimension de l’équité dans la gestion publique.

D’un autre côté, les chiffres révèlent quelques limites que sont en train de corriger le gouvernement, prenant en compte les barrières souvent invisibles mais persistantes, allant des stéréotypes sociaux aux mécanismes de promotion interne, en passant par les contraintes liées à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Les résultats de 2025 peuvent donc être interprétés comme un signal intermédiaire. Ni un échec, ni une victoire aboutie. Plutôt une transition en cours, où les fondations de l’égalité sont posées mais encore fragiles, mais avec la certitude que la « féminisation » de l’administration publique est de plus en plus réelle sur le territoire.

Faire davantage

Pour transformer cette présence relative en véritable parité, plusieurs leviers restent essentiels et les pouvoirs publics sont d’accord : le renforcement des politiques de promotion interne, quotas ou objectifs chiffrés dans les postes de direction, mentorat des jeunes fonctionnaires féminines, application rigoureuse des principes du budget sensible au genre au-delà des intentions déclarées.

C’est donc tout naturellement que ces chiffres sont comme un miroir de la transformation sociale en cours au Togo. Ils montrent un mouvement réel, mais encore incomplet. Le défi n’est donc pas seulement d’augmenter la présence des femmes dans l’administration, mais de garantir leur accès équitable aux lieux où se prennent les décisions. L’engagement du pays à y parvenir est infaillible, lui qui met d’habitude beaucoup de moyens pour atteindre ses objectifs. Ne dit-on pas qu’à cœur vaillant rien d’impossible ?

Budget sensible au genre en hausse de 35,72 %

Entre 2025 et 2026, les dépenses sensibles au genre connaissent une progression remarquable, passant de 45,24 milliards à 61,4 milliards, soit une hausse de 35,72 %. En dessous de cette évolution chiffrée se trouve une reconfiguration progressive des priorités publiques en faveur de l’équité sociale et de l’investissement humain.

L’élan constaté dans les bureaux, sur le terrain et au sein même des ménages s’inscrit dans une logique plus large d’intégration du genre dans la planification économique. L’État ne se contente plus de financer des politiques générales supposées inclusives, mais il cible désormais des interventions explicitement orientées vers la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes, notamment dans les secteurs sociaux stratégiques.

La trajectoire globale prise interpelle. Cette hausse de 35,72 % des dépenses sensibles au genre témoigne d’une montée en puissance de cette approche dans l’architecture budgétaire nationale. Elle traduit une volonté politique de passer d’une logique déclarative à une logique opérationnelle, où le genre devient un critère concret d’allocation des ressources publiques. La bonne avancée entre 2025 et 2026 est un signal positif. Elle indique que les questions d’égalité de genre ne sont plus marginales dans la construction budgétaire, mais progressivement intégrées au cœur des politiques publiques.

(In LE MEDIUM n°711 du 14 au 20 Juillet 2026)

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