Le niveau de retard de croissance révèle l’état profond d’une société. Sa prévalence chez les enfants, au-delà de la donnée sanitaire qu’elle constitue, est un miroir des conditions de vie, de l’accès à l’alimentation et de la qualité des politiques sociales.
Le retard de croissance, ou malnutrition chronique, traduit une insuffisance nutritionnelle prolongée durant les premières années de vie. Ses effets dépassent largement le cadre physique. Il affecte le développement cognitif, compromet les performances scolaires et réduit, à long terme, les capacités productives des individus.
Sur la période 2010-2017, le Togo affichait une prévalence de 27,5 %. Un niveau inférieur à celui de l’Afrique de l’Ouest (36,3 %) et à celui de l’Afrique (34 %), mais encore supérieur à celui des pays en développement pris dans leur ensemble (23,6 %).

Cette position intermédiaire, à la fois encourageante et exigeante, montre la maîtrise progressive du Togo, comparé à son environnement immédiat. L’écart avec la moyenne ouest-africaine est significatif, traduisant des avancées en matière de nutrition, de santé maternelle et infantile, ainsi que d’accès aux services sociaux de base.
Ce différentiel suggère que les efforts déployés en faveur de l’amélioration des conditions de vie produisent des effets tangibles. Programmes de sensibilisation, renforcement des services de santé, initiatives en matière de sécurité alimentaire… les actions sont nombreuses.
Des implications économiques et sociales profondes
Réduire la prévalence du retard de croissance ne relève pas seulement d’un impératif sanitaire. C’est un enjeu économique majeur. Une population mieux nourrie est plus apte à apprendre, à travailler et à innover.
À l’inverse, la malnutrition chronique engendre des pertes de productivité, freine la croissance et pèse sur les systèmes de santé. Elle constitue, en ce sens, un frein invisible au développement. Ainsi, chaque point de pourcentage gagné dans la réduction du retard de croissance représente un investissement dans le capital humain et dans l’avenir du pays.

La situation du Togo appelle ainsi à consolider les acquis tout en intensifiant les efforts. Cela passe par le renforcement des programmes de nutrition, la promotion de l’allaitement maternel, l’amélioration de la diversification alimentaire et le soutien aux ménages les plus vulnérables.
L’enjeu est également territorial : il s’agit de réduire les disparités entre zones urbaines et rurales, en garantissant un accès équitable aux ressources et aux services.
En définitive, la prévalence du retard de croissance au Togo raconte une histoire en deux temps. Celle d’un pays qui progresse, en se situant en deçà des moyennes régionales, mais aussi celle d’un défi encore présent, qui appelle une mobilisation continue.
La Rédaction
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