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Malgré les efforts soutenus du gouvernement togolais et de ses partenaires, 34 496 enfants âgés de 0 à 11 mois ne reçoivent pas la troisième dose de vaccins contre cinq maladies évitables, selon les données du ministère de la Santé. Si le Togo a enregistré des progrès notables dans la réduction de la mortalité infanto-juvénile ces dernières années, des poches de résistance à la vaccination persistent, notamment au sein de certaines communautés.

Pour y faire face, le Programme élargi de vaccination (PEV), pilier du système de santé, s’appuie désormais sur une approche complémentaire et innovante : le marketing social. Cette stratégie vise à rapprocher les services de santé des populations, à lever les freins culturels et à influencer positivement les comportements en faveur de la vaccination.

Des relais communautaires pour rapprocher la vaccination des familles

À Bonwaï, localité située à environ neuf kilomètres de la ville de Kétao, dans la préfecture de la Binah, le marketing social prend corps à travers l’action des Agents de soins communautaires (ASC). Ces acteurs de proximité, choisis par leurs communautés, jouent un rôle clé dans l’identification et le suivi des enfants non ou incomplètement vaccinés.

Parmi eux, Demon Abdou, agriculteur et père de famille, consacre plusieurs heures par jour à cette mission. Cartable et stylo en main, il sillonne les concessions du village pour repérer les « enfants perdus de vue », ceux qui n’ont pas encore commencé ou achevé leur calendrier vaccinal.

« Deux à quatre heures par jour, plusieurs fois par semaine, je fais du porte-à-porte pour vérifier les carnets de vaccination et discuter avec les mamans », explique-t-il.

Dans cette démarche de marketing social, la confiance est centrale. Parlant la langue locale et partageant les réalités quotidiennes des familles, l’ASC devient un messager crédible, capable de déconstruire les rumeurs, de répondre aux inquiétudes et de promouvoir les bénéfices de la vaccination.

Changer les comportements pour sauver des vies

Concrètement, Demon Abdou vérifie les cartes de vaccination, remplit les fiches de référencement mises à disposition par le centre de santé et enregistre les données via l’application Kobo Collect, qu’il transmet ensuite à l’infirmier pour assurer la prise en charge des enfants concernés.

Mais son action va au-delà de la vaccination. Il sensibilise les femmes au respect du calendrier vaccinal et contribue au dépistage précoce du paludisme et de la malnutrition, illustrant une approche intégrée de la santé communautaire.

« Avant, certaines femmes n’amenaient pas leurs enfants se faire vacciner. Beaucoup d’enfants tombaient souvent malades et certains en mouraient par ignorance. Aujourd’hui, grâce à la sensibilisation, les mamans ont compris et les enfants vaccinés se portent mieux », se réjouit-il.

Les résultats sont encourageants. Lors d’une sortie, l’ASC peut visiter sept à dix ménages, parfois au détriment de ses propres activités agricoles. Un engagement qu’il considère comme un sacrifice collectif pour le bien-être du village.

Un engagement communautaire à renforcer

Si le marketing social, porté par les ASC, contribue à améliorer l’adhésion des familles à la vaccination, des défis subsistent, notamment en matière de motivation et de régularité des incitations financières.

« Cela fait plusieurs mois que je n’ai pas reçu ma prime mensuelle. Pourtant, le travail continue, car la santé des enfants n’attend pas », confie Demon Abdou.

À Kétao comme ailleurs, cette approche démontre que changer les comportements, en s’appuyant sur la communauté, est un levier puissant pour renforcer la couverture vaccinale. En plaçant les familles au cœur de la stratégie, le marketing social contribue à protéger durablement la santé des enfants, pour chaque enfant, partout.

La Rédaction

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