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Malgré d’énormes progrès dans la promotion de l’égalité des sexes au Togo, des disparités persistent entre les hommes et les femmes dans divers secteurs tels que l’éducation, la santé, l’emploi et la participation politique. Ces inégalités sont souvent exacerbées par des budgets qui ne tiennent pas compte des besoins spécifiques de genre. Afin de déterminer comment les décisions budgétaires contribuent à réduire les inégalités entre les sexes et à promouvoir des résultats équitables, une note d’analyse de l’incidence de genre dans le budget national a été rédigé à la demande du gouvernement. Quelques remarques faites…

Nombre de femmes installées sur les ZAAPs

Au Togo, l’héritage constitue l’un des principaux moyens d’accès au foncier. Traditionnellement, en accord avec les pratiques et le droit coutumier, ce mode d’accès au foncier a été discriminatoire le plus souvent au détriment de la femme. De principe, seul l’homme doit hériter de la terre. Cette pratique d’exclusion de la femme est en vigueur dans de nombreuses familles, malgré la reconnaissance formelle des droits légaux pour les femmes de posséder et d’hériter la terre au même titre que les hommes. Cette situation contribue à minimiser l’accès de ces dernières aux ressources productives. Les droits modernes permettent aux femmes d’avoir un accès équitable à la terre, or dans les milieux ruraux, le droit coutumier est plus appliqué et dans lequel la gestion de la terre est plus réservée aux hommes.

Ainsi, dans la région des savanes à l’extrême nord du Togo, le taux d’accès à la propriété foncière est de 97,4% pour les hommes et de 2,6% pour les femmes. Afin de remédier à ces inégalités persistantes dans l’accès aux terres pour les femmes et les jeunes, souvent marginalisés dans l’accès aux facteurs de production, le gouvernement a initié la mise en place des Zones d’Aménagement Agricole Planifiées (ZAAP) ainsi que l’exploitation des bas-fonds. Sur un total de 19 409 bénéficiaires installés sur les 220 ZAAPs répartis dans les six régions agricoles, 7 964 sont des femmes, soit environ 41%. Ce taux reste encourageant mais souligne la nécessité de poursuivre les efforts en faveur de l’accès équitable des femmes à la terre et aux opportunités agricoles, notamment à travers des mécanismes d’appui ciblés et des politiques inclusives.

Taux d’accès au financement pour les femmes entrepreneures

Les femmes entrepreneures au Togo ont souvent du mal à accéder aux financements nécessaires pour développer leurs activités, selon « Entrepreneurs du Monde ». Seuls 25% des togolais ont accès à une banque, ce qui rend difficile l’accès aux financements bancaires pour les femmes. La femme n’a pas suffisamment de moyens (papiers du terrain, papiers attestant d’un moyen de déplacement tel qu’une voiture, une moto…) pour fournir une garantie afin de solliciter un crédit. Ces moyens sont le plus souvent réservés aux maris. C’est donc une situation qui accentue les inégalités de genre en matière de propriété foncière et d’accès aux biens.

Au-delà de ces défis, s’ajoutent des procédures administratives complexes et des critères restrictifs qui découragent de nombreuses entrepreneures. Conscient des défis dans l’obtention des prêts par les femmes entrepreneures, le Gouvernement togolais a mis en œuvre des initiatives pour l’amélioration de cette situation.

Selon le rapport de la Banque mondiale sur le potentiel de l’entrepreneuriat féminin du continent, plus de 70% des femmes togolaises ayant sollicité un crédit pour leur entreprise l’ont obtenu. Le pays occupe ainsi une meilleure place devant le Nigéria (60%) et l’Afrique du Sud (45%). Le Fonds national pour la finance inclusive (FNFI) et d’autres initiatives visent à faciliter l’accès au financement pour les entreprises à majorité féminine, notamment avec des crédits allant jusqu’à 50.000 dollars sans garantie.

Taux de marché public attribué aux femmes entrepreneures

Les femmes entrepreneures togolaises éprouvent des difficultés pour accéder à la commande publique, dans un secteur privé structuré, où elles sont déjà sous représentées. Les entreprises détenues par des femmes citent souvent un accès inadéquat aux informations et aux technologies sur les opportunités et les obligations contractuelles, les procédures complexes et les exigences de qualification strictes comme obstacles à l’obtention de marchés publics.

Fort de ce constat, le Gouvernement togolais s’est engagé à promouvoir la participation des femmes aux marchés publics, grâce à la mesure présidentielle qui a institué depuis 2018 un quota de 25% de marchés publics accordé aux jeunes et femmes entrepreneures. Pour optimiser l’atteinte des résultats, un mécanisme de suivi de la mise en œuvre de la mesure a été mis en place à travers une Task Force, présidée par la Présidence de la République.

Après sept années de mise en œuvre de ce mécanisme, les premiers résultats de suivi attestent que les facilitations ont permis aux femmes de jouer pleinement leur rôle d’acteurs de développement économique dans le progrès social et dans la lutte contre la pauvreté au Togo. Cette situation peut s’expliquer notamment par les facilités qui leur sont accordées, à travers l’accès au crédit dont elles bénéficient et les programmes d’inclusion déployés à leur égard par les plus hautes autorités togolaises.

Malgré les difficultés constatées, les femmes prennent de plus en plus d’initiatives entrepreneuriales. Ainsi, entre 2019 et 2021, le nombre d’entreprises créées par les femmes au Togo est passé de 3.049 à 3.739, soit une progression de 24%, selon les données du Centre de formalités des entreprises (CFE).

En rappel, le Ministère des Finances et du Budget a réuni, en atelier stratégique du 8 au 22 août 2025, les Experts nationaux en Budgétisation Sensible au Genre (BSG) pour l’élaboration du premier Document Budgétaire Sensible au Genre (DBSG) pour l’exercice 2026. L’objectif général de l’atelier étant de relire les DBSG de tous les ministères et institutions afin d’élaborer le draft du DBSG national 2026.

(In LE MEDIUM n°681 du 02 au 08 Décembre 2025)

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