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Sur demande d’un député français, le Premier ministre François Bayrou a promis un texte pour enfin abolir le Code noir qui régissait l’esclavage d’humains réduits au statut de biens meubles. Cette ordonnance du roi Louis XIV date pourtant de 1685.

Au moment où l’on est assailli par des affaires gênantes à mi-chemin entre le public et le privé, accepter certaines concessions ne mange pas de pain, surtout quand les premiers sujets datent de décennies et que les seconds datent de siècles. Alors que le Premier ministre français préparait son audition devant la commission d’enquête née des révélations de violences au sein de l’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram où fut scolarisée sa progéniture, François Bayrou s’est vu adresser une requête du chef de file des députés Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT).

C’est le 13 mai, lors de la séance des questions d’actualité au gouvernement, à l’Assemblée nationale, que Laurent Panifous a demandé l’abolition du Code noir qui « régit la mise en esclavage d’êtres humains » et réduit l’individu « au statut juridique de biens meubles ».

Sans tergiverser, François Bayrou s’est engagé, « au nom du gouvernement », à ce qu’un texte actant cette abolition soit présenté au Parlement, et espère que celui-ci sera « voté à l’unanimité ».

Incongruité historique

C’est en mars 1685 qu’une ordonnance du roi Louis XIV avait institué ce Code noir, dans les îles de l’Amérique française. La règle sera élargie, par de nouveaux édits, aux Mascareignes de l’océan Indien en 1723, à la Louisiane en 1724, puis aux recueils de textes juridiques relatifs aux colonies françaises, au milieu du XVIIIe siècle. L’objectif était originellement de favoriser la culture de la canne à sucre dans les Antilles.

Mémoires à vif

Et François Bayrou de reconnaître ignorer « absolument » cette « réalité juridique », lui qui fut pourtant ministre de l’Éducation nationale. Il est vrai qu’il est un spécialiste du roi Henri IV, l’antépénultième incarnation de la royauté, avant le règne de Louis XIV. L’ignorance généralisée dévoilée par le député LIOT traduit bien la faible place qu’occupe la question de l’esclavage dans les manuels scolaires de France.

Pour le Premier ministre, répondre favorablement à la requête du 13 mai implique une nécessaire « réhabilitation historique » et une indispensable « réconciliation de la République avec elle-même ».

Cent soixante-dix-sept ans après l’abolition de l’esclavage, les mémoires sont toujours à vif, empruntant parfois des parallèles qualifiés, par certains, d’anachroniques. Récemment, sur la chaîne i24, l’avocat Olivier Pardo refusait de concéder à l’animateur Claudy Siar la légitimité d’employer, à propos des populations africaines esclavagisées loin de chez elles, le terme de « déportation » abondamment utilisé, dans les évocations de la Shoah…

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