Après plusieurs tours d’horloge de plénière, les députés de la majorité, après que leurs collègues de l’opposition ont été sortis de l’hémicycle par les éléments de la Gign, ont adopté le projet de loi constitutionnelle n° 04 / 2024, qui vise à déroger aux dispositions de l’article 31 de la Constitution de la République du Sénégal.
Initialement fixée pour ce 25 février prochain, la Présidentielle a été reportée après une séance houleuse, hier lundi 05 février, à l’Assemblée nationale.
A l’issue d’une longue journée au parlement qui a adopté 105 voix pour et 1 contre, mais sans les députés de la principale coalition d’opposition. Les députés de l’opposition qui réclamaient un débat approfondi sur la question, ont été évacués par des éléments du Gign, et la quasi-totalité des députés présents, notamment les députés de Bokk Yakaar (Bby) et de Wallu, ont entérinent le report de la présidentielle au 15 décembre 2024.

L’opposition crient au coup de force du camp présidentielle car, le président Macky Sall qui avait promis de ne pas se représenter pour un troisième mandat, se voit confier le pouvoir pour encore dix mois, le temps de l’entrée en fonction d’un nouveau chef de l’Etat.
Selon l’opposition, ce projet de loi est en violation de la Constitution, notamment en ses articles 27 et 103 qui interdisent une quelconque modification du mandat du président de la République.
« Ils ont réussi à faire passer l’amendement qui proroge le mandat du président de la république illégalement, anticonstitutionnellement jusqu’au 15 décembre, ce qui est complètement scandaleux, nous n’allons pas l’accepter. », dénonce l’ex-député du Pastef Ayib Daffé.
A l’annonce de cette décision du parlement, les critiques fusent de partout. Outre l’opposition qui annonce saisir la Conseil constitutionnelle pour avis, tout en appelant à la désobéissance civile, les universitaires entrent dans la danse et se disent outrés par cette décision du Parlement. Ces derniers demandent instamment à sauver la démocratie sénégalaise qui est en ce moment menacée.

Pour la majorité, il ne s’agit pas de violation de la Constitution mais plutôt d’un aménagement temporaire : « Encore une fois, la dérogation à une Constitution existe. Il ne s’agit pas de maintenir le président de la République mais c’est d’aménager et d’organiser des conditions pour organiser des élections libres, transparentes et démocratiques parce que le président ne se présente pas à un autre mandat. », explique Abdou Mbow, député de Benno Bokk Yakaar (Bby).
Entre répression des manifestations, coupure de l’internet, l’opinion nationale retient son souffle quant à l’issue de ce nouvelle crise politique au Sénégal.
JPB & SeneNews
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