L’opération lancée le mois dernier par les autorités françaises pour « lutter contre la délinquance et l’immigration illégale » a repris à Mayotte. Et cela passe par le « décasage », la destruction de bidonvilles où sont installés ces personnes, en majorité originaires des Comores. À Majikavo, dans le nord-est de Mayotte où après un revers fin avril, l’opération de destruction du bidonville Talus 2 a bel et bien été lancée ce 22 mai.
Les forces de l’ordre sont arrivées dès la nuit dernière avec des pieds de biche et des masses dans ce quartier informel de Majikavo au nord-est de l’île. Cette nuit, quelques échanges tendus ont eu lieu entre les gendarmes et certains jeunes du quartier, mais pas d’incident grave.

Ce matin Talus 2 est bouclé par les camions de gendarme, une levée de doute, c’est comme ça qu’on appelle la procédure, est en cours pour vérifier qu’aucun bébé n’est resté dans un banga, ce logis de tôle, selon les mots de la préfecture.
Le désespoir des habitants de Talus 2
Si la plupart avait quitté les lieux dimanche 21 mai, emportant un maximum de leurs biens, une trentaine de femmes sont restées et ont assisté à la scène entre colère et tristesse, comme Anisha, 22 ans. « Moi, j’habite là, là où ils ont démoli, c’est là que j’habite. Depuis que je suis née, je suis là, jusqu’à aujourd’hui. Ils veulent nous faire du mal comme ça, ils proposent des logements de trois mois et six mois, après où va-t-on ?! », dit-elle en criant et pleurant.
D’autres, après avoir vécu ici depuis plus de 10 ans, refusent de quitter le quartier, notamment à cause de la scolarisation des enfants. Adjila s’est vu proposer un logement à Tsararano à 40 minutes de route de Majikavo : « On ne va pas y aller à Tsararano parce que les enfants, ils étaient ici à l’école ».
Pour la préfecture, « un succès »
Malgré les protestations, les maisons ont été réduites en poussières par les tractopelles et le préfet de Mayotte, Thierry Suquet, se félicite de l’opération : « C’est 162 bâtiments insalubres qu’on démolit aujourd’hui, ça fait partie de la politique que l’État mène pour lutter contre l’habitat indigne à Mayotte. Donc oui, c’est un succès, c’est d’autant plus un succès, qu’on avait relogé samedi soir 40 familles et c’est un excellent résultat ». Au total, pour l’instant, plus de la moitié des habitants de Talus 2 vont faire l’objet d’une prise en charge sociale et être hébergée de 3 à 6 mois.

Il y a un mois, la destruction de ce bidonville, pour lutter contre l’habitat informel et la délinquance, avait été stoppée net suite à des recours en justice de plusieurs associations de défense des droits de l’homme. Finalement, la justice a donné raison à l’État.
D’après la préfecture de Mayotte, la destruction du bidonville Talus 2 devrait durer toute la semaine.
Source : rfi.fr
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