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La diplomatie des drones prônée par l’Iran dans le Moyen-Orient, constitue une réelle menace pour le monde, note Alex Grinberg, expert de l’Iran à l’Institut de sécurité et de stratégie de Jérusalem. En tirant sur la sonnette d’alarme, cet expert veut éviter au monde la répétition de l’histoire qui se déroule actuellement en Ukraine où l’usage des drones montre la face hideuses de la guerre asymétrique qui s’y déroule.

En effet, le régime iranien a fait le choix des drones, un atout militaire stratégique, qui sont à bon prix, loin des avions de combat conventionnels confectionné à des prix d’or. Le seul hic, c’est qu’en plus de faire recours à ces armes de pointe pour étendre son influence dans la région, l’Iran les met à la disposition des mandataires terroristes qui sèment le chao et les conflits tout autour d’eux.

Des exemples sont légion. Dans le Moyen-Orient, le Hezbollah au Liban, aux Houthis au Yémen, au Jihad islamique palestinien et au Hamas à Gaza, sans oublié les milices pro-iraniennes en Syrie et en Irak, raffolent des drones ‘’made in Iran’’. Et même le Venezuela est un des assembleurs des drones iraniens, note l’expert.

Depuis 2017, ces machines de guerre iraniennes propagent le chao dans la région. La dernière en date, selon les informations concordantes, est l’usage de ces drones iraniens par le Front Polisario en Algérie, à l’origine de l’instabilité en Afrique du Nord.

Sur un autre front, notamment au Yémen, ces drones iraniens ont permis rebelles houthis de mener des attaques le 23 mars 2017, mettant à mal tout le système de défense antimissile sol-air Patriot de la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite. Deux ans plus tard, en 2019, ces mêmes engins dotés de charges explosives, s’en sont pris aux installations pétrolières d’Abqaiq et de Khurais en Arabie saoudite, plus connues sous le nom d’attaques d’Aramco. Depuis lors, c’est toute la région qui est à la solde de ces groupes armés incontrôlés, renforcés par les drones ‘’made in Iran’’.

Ces attaques aux drones des Houthis s’amplifient désormais au point de s’internationaliser. Fin janvier 2022, un bateau-drone de ces rebelles Houthis attaque une frégate saoudienne en mer Rouge. Quelques mois plus tard, en novembre 2022, ces rebelles récidivent en attaquant un navire commercial au terminal pétrolier. Mais les bras armés de l’Iran, notamment les Houthis ou le Hezbollah, pensant tout se permettre, ont essuyé un revers en juillet 2022, quand l’Armée de défense d’Israël a réduit à néant trois drones du Hezbollah qui tentaient de s’approcher du champ gazier de Karish.

Une illustration de la montée fulgurante des drones iraniens, remonte en septembre 2022, où des machines de guerre ont été utilisées pour neutraliser des positions kurdes en Irak. Une attaque des plus meurtrières, qui a fait une dizaine de morts. Récemment, le 10 février dernier, une attaque de ces ‘’drones de la morts’’ ont visé un pétrolier israélien dans la mer d’Arabie…

De nos jours, la guerre en Ukraine démontre parfaitement le degré de nuisance de l’Iran pour la paix dans le monde. En effet, alors que ces dernières années, la Russie ne s’est pas sérieusement investi dans la technologie des drones, l’Iran s’est proposé comme une alternatives pour servir de greniers à ce manque en drones. Ainsi, sur le terrain la précision chirurgicale des frappes russes sur les infrastructures énergétiques et de civils en Ukraine, à l’aide des drones iraniens inflige des dégâts énormes ukrainiens, en termes de souffrances humaines, notamment. Ces effets dévastateurs ont bien convaincu la communauté internationale des liens serrés entre la Russie et l’ogre de guerre iranienne.

A l’image de la Russie, d’autres pays sont séduit pas cette dangereuse « diplomatie du drone », tant les médias iraniens et même le principal conseiller militaire du Guide suprême iranien, Rahim Safavi, se vantent du fait que leur pays soit voie de devenir une « superpuissance du drone ». Outre donc la Russie, l’Algérie figure en bonne place dans ce nouveau partenariat lugubre. Ce pays se distingue d’ailleurs par ses nombreuses violations des droits humains, notamment les restrictions des libertés d’expressions et religieuse imposées aux Chrétiens et autres minorités…Et le comble, l’Algérie ambitionne d’ouvrir, dans la ville de Sidi Abdellah (au Nord du pays), un centre de recherche et de développement de drones, rapporte Tasneem, un média iranien proche du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGR).

Ledit média est revenu longuement sur les récriminations légitimes du Maroc et de l’Israël quant à l’alliance irano-algérienne en matière des drones. Et ce partenariat qui n’occulte pas la formation sur le sol algérien, par des instructeurs arabophones du Hezbollah, n’augure pas des lendemains paisibles dans la région.

Dans ces conditions et en prenant en compte de leur proximité historique, le Front Polisario s’invite dans ce dossier qui risque de mettre à mal la paix dans le Nord de l’Afrique. Cette nouvelle tournure constitue une menace certaine pour les intérêts occidentaux dans la région. Ainsi,  une escalade éventuelle du conflit au Sahara occidental, constituerait une réelle menace pour la sécurité énergétique de certains pays occidentaux tels l’Allemagne, et pourrait s’exacerber avec  des vagues d’immigration.

Le Front Polisario, tout comme son parrain, en faisant recours au personnel du Hezbollah sur instruction de l’Iran, pourrait avoir des visées plus expansionnistes sur le voisin marocain qui payera le prix fort, mais pas sans conséquences du fait de la réponse à la hauteur de l’affront que lui réservera le Royaume du Maroc.

Somme toute, la paix et la stabilité de la sous-région devrait se négocier en minimisant et réduisant la diplomatie du drone. Les Etats-Unis devraient faire feu de tout bois pour contrôler au mieux les régimes autoritaires enclins d’acquérir ces machines de guerre iraniennes, dotées de capacités destructrices. Cela va non seulement de la dimension morale de la géopolitique, mais également tient compte des souffrances amères qu’expérimentent actuellement le peuple ukrainien. Et dans ces conditions, point besoin d’occulter la menace nucléaire qui pointerait à l’horizon. L’on devrait également peser  prôner les valeurs du bon voisinage plutôt que de la force brute et destructrice des drones ‘’made in Iran’’.

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