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Dans le cadre de la mise en œuvre du programme régional KAFO VII, la Commission nationale de lutte contre la prolifération, la circulation et le trafic illicites des armes légères et de petit calibre (CNLPAL) a réuni, les 29 et 30 octobre 2026 à Kpalimé, commune de Kloto 1, les acteurs clés de la chaîne pénale pour une session de renforcement de capacités.

Cette rencontre fait suite à une première étape, organisée à Atakpamé les 27 et 28 octobre, confirmant l’engagement du Togo à sécuriser ses frontières et à lutter efficacement contre le crime transfrontalier.

L’atelier de Kpalimé a rassemblé un vaste pôle d’experts et de praticiens du terrain, notamment les magistrats, les douaniers, les militaires, les officiers de police judiciaire (OPJ), les agents des Eaux et Forêts, mais aussi le personnel de l’administration pénitentiaire.

Pour les organisateurs de cette rencontre stratégique, l’objectif est d’affiner les compétences dans la détection, la traçabilité, l’investigation que le traitement judiciaire des infractions liées aux armes à feu, avec un accent particulier sur les zones frontalières vulnérables.

Les débats ont permis de faire un diagnostic sans complaisance des obstacles du terrain. Me Toitre Labekoua, Substitut du procureur près le tribunal de grande instance de Lomé et point focal justice du programme KAFO VII, a pointé du doigt plusieurs insuffisances récurrentes. D’abord, le déficit d’équipement, notamment le manque d’outils technologiques adaptés aux enquêtes complexes. Ensuite, le cloisonnement administratif à l’origine de la faible fluidité dans l’échange de renseignements entre les différents corps d’État. Enfin, les contraintes matérielles liées à la conservation et à la présentation des armes saisies comme pièces à conviction devant la justice.

Pour y remédier, l’accent a été mis sur l’exploitation systématique des outils et bases de données d’INTERPOL, dans l’optique d’accélérer le marquage, la traçabilité et l’analyse technique des armes saisies.

Transhumance et sécurité communautaire…

Le lien étroit entre circulation incontrôlée des armes et sécurité rurale a également été abordé. M. Kondé Yaovi Afidegnon, directeur régional de l’Agriculture des Plateaux-Ouest, a souligné les risques sécuritaires majeurs engendrés par les armes à feu dans les zones de transhumance.

Dans un contexte de tensions, parfois vives, entre agriculteurs et éleveurs, la maîtrise des flux d’armes s’impose comme un prérequis indispensable à la prévention des conflits et au règlement pacifique des différends communautaires.

Notons que lors de l’ouverture des travaux de cette rencontre, les officiels ont insisté sur la continuité de l’action. « La vigilance aux postes frontaliers, la synergie interservices et le partage fluide de renseignements sont nos meilleurs remparts. J’invite chaque participant à se faire le relais de ces acquis auprès de ses collègues », a déclaré M. Paka Mazah Jonas, secrétaire permanent de la CNLPAL et coordonnateur national du programme KAFO VII.

Le représentant de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), M. Sow Saïkou, a, pour sa part, rappelé l’importance capitale d’une chaîne opérationnelle sans rupture, « depuis la découverte d’une arme sur le terrain jusqu’au jugement définitif par le tribunal ».

En consolidant les compétences des acteurs judiciaires et sécuritaires à Kpalimé, le Togo réaffirme sa détermination à éradiquer les réseaux de trafic d’armes légères. Ce renforcement s’inscrit au cœur des initiatives régionales pour stabiliser la sous-région ouest-africaine.

Omar A.

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