L’or blanc, le coton togolais a connu, il y a quelques années, une période de gloire avec une production de 10.736 tonnes de coton-fibre en 1974, passée à quelques 187.703 tonnes dans les années 1998-1999, avant de rechuté à 173.000 tonnes en 2004-2005 voire 39.000 tonnes à la fin de la décennie. La culture du coton-fibre s’est nettement améliorée dans les années 2013/ 2014 avec une meilleure implication de l’Etat. A la faveur du renouveau avec une société d’économie mixte (Nouvelle société cotonnière du Togo) où l’État togolais est détenteur de 60 % des parts, les 40 % restant revenant aux organisations de producteurs de coton, la production de l’or blanc est repartie en flèche. C’est dans la foulée de cette nouvelle dynamique que la Fédération nationale des groupements des producteurs de coton (Fngpc Coop-Ca), en collaboration avec l’Agence Agri Media, a décidé de donner un coup de projecteur sur les activités menées sur le terrain dans l’optique de susciter un élan national.
Pour une telle initiative, qui de mieux que les médias pour porter haut les vœux et les initiatives novatrices des producteurs de cotons et leurs partenaires, dans l’optique de parvenir à une campagne cotonnière 2023-2024 et suivantes, plus ambitieux et plus aboutie.

« La Presse au Contact du Coton », tel est l’intitulé de l’initiative qui a conduit, le mercredi 13 septembre dernier, un parterre d’acteurs de médias de l’ensemble du territoire national dans l’antre le Nostè, dans la préfecture de Haho et de l’Ogou, à la découverte des vastes étendues de parcelles de culture de coton. La première escale nous a conduits sur les parcelles du président de la Fngpc Coop-Ca, Koussouwé Krouféi, à Agodo dans la commune de Haho 1 où ce cotonculteur dispose de quelques dix hectares de coton.
« Nous avons une bonne pluviométrie cette année, il y a de l’humidité. En plus de ça, nous avons les produits pour les insectes qui nous ont dérangé la campagne dernière », a lancé tout heureux Koussouwé Krouféi, montrant toute l’étendue d’un de ses nombreux champs de coton.
Pour cette campagne, souligne le président de la Fédération, « le coton promet de belles perspectives grâce à plusieurs facteurs favorables. Tout d’abord, nous avons bénéficié d’une bonne pluviométrie, ce qui a été essentiel pour le développement des cultures. De plus, la maîtrise des insectes dévastateurs, singulièrement les ‘’Jassides’’, a été grandement améliorée grâce à la disponibilité des produits de traitement, soutenue par la subvention des intrants par l’État. En outre, l’augmentation du prix d’achat du coton au niveau de la Nouvelle société cotonnière du Togo (Nsct), passant de 200 F à 300 F par kilogramme, a été un incitatif pour les producteurs de coton. ».

Il poursuit que « la conjonction de facteurs a suscité un intérêt accru pour la culture du coton, ce qui a permis d’atteindre cette année une superficie de 100.000 hectares, comparée aux 67.000 hectares de l’année précédente. Avec ces 100.000 hectares de coton, nous prévoyons de récolter au moins 80.000 tonnes de coton cette saison ».
Ces signaux encourageants abordés par le président de la Fédération ont d’ailleurs été corroborés par les techniciens, notamment le directeur du Centre de recherche agronomique savane humide de Kolokopé (Crash), Ayéva Bassarou.
« La nouvelle campagne de coton s’annonce meilleure que l’année précédente, qui a été affectée par les dégâts causés par une nouvelle espèce de ravageurs appelés Jassides. Des études ont été menées sur cette espèce, ce qui a permis d’identifier une nouvelle molécule mise à disposition des producteurs par la Nsct, offrant de bons résultats », a souligné le Directeur du Crash Kolokopé. Mais il se garde d’être très enthousiaste dans la mesure où « en raison du dérèglement climatique, des règles doivent être suivies dès la période des semis ».

Ainsi, il recommande un certains nombres de mesures aux cotonculteurs, notamment « d’opter pour le semi-direct sous couvert végétal, un système permettant aux cultivateurs de semer sans attendre de fortes pluies ; de prétraiter le champ avec des herbicides et réaliser les semis sur les paillés favorisent la conservation de l’eau dans le sol et la croissance rapide des plants ; de bien entretenir les plants de coton en utilisant de bons intrants et en suivant les étapes de traitement, etc. ».
Ayéva Bassarou souligne qu’au Togo, les études ont identifié environ 1.500 ravageurs du cotonnier, d’où l’importance des traitements, car selon les évaluations, « un champ de coton non traité peut perdre jusqu’à 60% de son rendement ».
Lors de cette sortie, une femme a retenu notre attention. Dame Morongou Namana, la cinquantaine dépassée, est trésorière générale de la Fédération. Elle s’est également engagée depuis plusieurs années dans la culture du coton car, note-t-elle, « la culture du coton permet un important rendement comparativement à d’autres cultures notamment le maïs ». Elle conseille ses camarades femmes du monde rural à se lancer dans ce domaine qui est « très bénéfique et assure une autonomie financière ».

A l’heure de finir la visite guidée des parcelles d’Agodo et de Kpegbadjè, le président de la Fédération a tenu à saluer les efforts des pouvoirs publics dont la décision d’augmenter le prix d’achat du coton, et le soutien financier de six milliards de nos francs, permettent aux producteurs de coton de rêver grand. « Nous pouvons affirmer ici en toute fierté que dans la perspective des 93 500 tonnes, les producteurs de coton ont déjà emblavé plus de 105.000 hectares, soit une réalisation de 95,45%. L’horizon s’annonce donc prometteur », a martelé Koussouwè Kouroufei.
A suivre…
JPB
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