Les cris de cœur des acteurs des médias du monde médiatique algérien, viennent de faire des échos au Parlement européen (PE). En effet, le PE a voté, ce jeudi 11 mai, à une large majorité (536 voix pour, 4 contre, 18 abstentions), une résolution d’urgence en réponse au recul significatif de la liberté de la presse en Algérie, une situation qui prévalait depuis les manifestations du Hirak en 2019 et des menaces qui pèsent sur les journalistes.
Par 536 voix pour, 4 contre, 18 abstentions, le PE vient de voter, ce jeudi 11 mai, à une large majorité, une résolution d’urgence des suites de la dégradation significative de la liberté de presse en Algérie. Cette situation qui prévalait depuis les manifestations de de masse majoritairement pacifiques de 2019, appelant à une réforme politique, a été d’ailleurs accentuée par des intimidations continues des acteurs des médias.
Par cette résolution du PE, c’est une victoire pour les défenseurs des droits de l’homme qui n’ont cessé de multiplier des interpellations à l’endroit du pouvoir algérien, sur les multiples cas de violation de la liberté de presse, dont le cas Ihsane El Kadi, Directeur de Radio M et de Maghreb Emergent, est une belle illustration. En effet, ce journaliste, mis en geôle depuis décembre 2022, a été condamné le 02 avril dernier, à trois ans de prison, pour le motif fallacieux de « collecte illégale de fonds, d’atteinte à la sûreté de l’État et à l’ordre public ».

Cette résolution qui peint le tableau sombre de la situation de la liberté de presse en Algérie, avec, à la clé, le blocage systématique des médias d’informations en ligne qui se montrent critiques à l’endroit de l’exécutif algérien. Elle exhorte également les autorités algériennes à faciliter l’obtention de visas et autres autorisations nécessaires aux acteurs des médias, tant nationaux qu’étrangers, afin qu’ils puissent exercer leur métier librement.
Ainsi, les parlementaires européens demandent instamment à Alger de libérer sans condition toutes les personnes arbitrairement écrouées pour avoir usé de leur droit à la liberté d’expression. Le PE appelle également de tous leurs vœux Alger à « modifier les accusations liées à la sécurité dans le code pénal, utilisées pour criminaliser le droit à la liberté d’expression ».
Loin de se limiter à cette résolution, le PE invite instamment les institutions de l’Union européenne et les Etats membres, à condamner publiquement la répression de la liberté de la presse en Algérie. Le PE associe à cette démarche, la délégation de l’UE et les différentes Ambassades à se saisir des dossiers des journalistes écroués et à assister à leur procès.
Notons que cette posture du PE a été bien appréciée par Reporter sans frontière (RSF) qui s’en est félicité par la voix de sa Représentante auprès de l’UE, Mme Julie Majerczak. « Avec cette résolution, le Parlement européen montre qu’il n’entend pas rester silencieux face à la répression menée par les autorités algériennes contre les derniers médias indépendants du pays, quand bien même il s’agit d’un partenaire économique important. Alors que le procès en appel du journaliste El Kadi est attendu dans les jours qui viennent, RSF demande à la Commission européenne et aux États membres de tout faire pour que le journaliste retrouve sa liberté. Les autorités algériennes doivent comprendre que le musellement des médias est une voie dangereuse qui finira par les desservir », a écrit Julie Majerczak sur le site web de RSF ce jeudi 11 mai.
@macite.tg
E-mail : maciteinfo@gmail.com; bawela1@gmail.com
Pour vos annonces, (publi)reportages, etc., joignez nous au (00228)91515309/79872224 www.macite.info, L’information, la bonne !
