Autrefois présentée comme une ville propre et exemplaire, Lomé semble aujourd’hui confrontée à une dégradation progressive de son cadre de vie. Dans plusieurs quartiers de la capitale togolaise, les déchets s’amoncellent dans les rues, aux abords des habitations et jusque dans les caniveaux. Les déchets plastiques, particulièrement visibles, font désormais partie du paysage urbain.
Cette situation n’est pas uniquement liée à l’insuffisance des infrastructures d’assainissement. Le comportement d’une partie de la population contribue également à aggraver le phénomène. Jeter des sachets plastiques et autres déchets dans les rues, ou encore déverser des ordures dans les caniveaux situés devant les habitations, sont devenus des gestes courants dans certains quartiers.
À Gbenyedzi, dans la commune du Golfe 1, les caniveaux à ciel ouvert illustrent cette réalité. Au lieu de servir à l’évacuation des eaux, certains sont transformés en véritables dépotoirs. On y retrouve des bidons ayant contenu de l’eau ou des jus, des sachets plastiques, des déchets ménagers et des matières organiques, notamment des restes d’aliments.

Au-delà de la pollution visuelle, cette accumulation de déchets constitue un véritable problème d’hygiène et d’assainissement. Elle peut également obstruer les caniveaux et compliquer l’évacuation des eaux, particulièrement pendant les périodes de fortes pluies.
Face à cette situation, il devient urgent de renouer avec les bonnes habitudes de propreté qui caractérisaient autrefois la capitale. La responsabilité incombe à chacun : citoyens, collectivités locales et pouvoirs publics doivent jouer leur partition.
Les autorités publiques sont également appelées à donner le ton. Cela passe notamment par l’assainissement des principales artères de la capitale, l’achèvement des chantiers abandonnés et la mise en place d’infrastructures adaptées. Certains chantiers laissés à l’abandon sont aujourd’hui devenus de véritables foyers d’insalubrité.
La sensibilisation doit également occuper une place importante dans la lutte contre l’insalubrité. Des campagnes régulières pourraient contribuer à rappeler aux populations les conséquences de l’abandon des déchets dans l’espace public. Mais au-delà de la sensibilisation, l’application effective des textes et l’instauration de sanctions contre les comportements inciviques pourraient aussi contribuer à changer les habitudes.
« L’insalubrité à Lomé atteint des proportions inquiétantes. Chacun doit jouer sa partition. Le gouvernement doit donner le ton en construisant de belles infrastructures, puis lancer des campagnes de sensibilisation et, ensuite, imposer des amendes à ceux qui enfreignent la loi. Nous devons prendre exemple sur le Rwanda », estime M. Essowedou P.

L’exemple du Rwanda, souvent cité pour sa politique de propreté et d’assainissement, montre qu’une amélioration durable du cadre de vie nécessite à la fois des infrastructures, une forte sensibilisation et une véritable discipline collective.
Pour Lomé, l’enjeu est désormais de taille : retrouver une ville plus propre, plus saine et plus agréable à vivre. Cela ne pourra toutefois se faire sans un changement des comportements et une action concertée entre les citoyens et les pouvoirs publics.
Dodo ABALO (In LE MEDIUM n°720 du 15 au 21 Septembre 2026)
@macite.tg
E-mail : maciteinfo@gmail.com; bawela1@gmail.com
Pour vos annonces, publi-reportages, etc., joignez-nous au (00228)91515309/79872224
www.macite.tg, L’information, la bonne !