D’une maladie qui frappait des territoires entiers à une transmission presque maîtrisée, le pays écrit l’une des plus grandes réussites sanitaires d’Afrique de l’Ouest. Pendant des décennies, elle a avancé, emportant avec elle des espoirs et des regards.
L’onchocercose, surnommée « cécité des rivières », a longtemps été une menace silencieuse pour des milliers de communautés rurales togolaises. Mais au fil des années, la science, la mobilisation communautaire et la persévérance sanitaire ont changé le cours de l’histoire.
D’une maladie qui couvrait autrefois plus de 73 % du territoire national, le Togo est aujourd’hui aux portes d’une victoire historique : interrompre définitivement la transmission du parasite responsable de l’onchocercose d’ici 2030.
Un passé pas trop glorieux
Il y a quelques décennies encore, les rivières n’étaient pas seulement des sources de vie. Elles portaient aussi le risque d’une maladie dévastatrice. Transmise par la piqûre de simulies, de petits insectes vivant à proximité des eaux rapides, l’onchocercose pouvait provoquer de graves atteintes cutanées, des démangeaisons chroniques et, dans les cas les plus sévères, une perte irréversible de la vue.

Au Togo, cette maladie a longtemps constitué un défi majeur de santé publique. Elle était autrefois endémique sur 73,21 % du territoire national, affectant particulièrement les populations installées dans les zones riveraines et rurales.
Mais le pays a engagé une bataille de longue haleine. Une bataille où chaque traitement distribué, chaque campagne communautaire et chaque action de surveillance ont contribué à repousser progressivement l’ennemi invisible.
Le pari réussi de la prévention massive
La lutte contre l’onchocercose au Togo repose notamment sur la distribution massive de médicaments, en particulier l’Ivermectine, dans les zones concernées. Pendant plusieurs années, les campagnes de traitement de masse ont permis de réduire considérablement la présence du parasite dans les populations exposées.
Cette stratégie, combinée au suivi épidémiologique et à l’implication des communautés, a produit des résultats remarquables. En 2016 déjà, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait que le Togo avait réussi à ramener la prévalence de la maladie à un niveau proche de zéro, le rapprochant ainsi de l’étape de l’élimination.
Cette performance a placé le pays parmi les nations africaines ayant enregistré des avancées majeures dans la lutte contre cette maladie tropicale négligée.
De la maîtrise de la maladie à l’interruption de la transmission. En 2025, le constat est que l’objectif ultime n’est pas encore totalement atteint. Cependant, le pays a franchi une étape décisive : dans certains foyers, la transmission a été interrompue. Cette évolution a permis l’arrêt des traitements de masse dans des zones spécifiques, signe que la dynamique épidémiologique a profondément changé. L’avancée représente un tournant majeur.

Une victoire sanitaire
Des milliers de vies se trouvent transformées. La lutte contre l’onchocercose n’a pas seulement permis de préserver la vue. Elle a aussi contribué à libérer des communautés rurales d’une peur ancienne et à renforcer leur capacité à vivre et travailler autour des espaces qui étaient autrefois associés au danger.
La réussite togolaise repose également sur un principe essentiel : aucune élimination durable d’une maladie ne peut se faire sans l’adhésion des populations. Les relais communautaires, les agents de santé et les acteurs locaux ont joué un rôle déterminant dans l’administration des traitements, la sensibilisation et la surveillance.
Aujourd’hui, le Togo regarde vers l’avenir avec une ambition claire : interrompre définitivement la transmission de l’onchocercose sur l’ensemble du territoire national d’ici 2030.
Omar A.
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