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Depuis quelques semaines, une vague frayeur inhabituelle s’est emparée de plusieurs localités du Togo, notamment à Kara et Sokodé. Comme une traînée de poudre, la rumeur s’est propagée sur les réseaux sociaux. En effet, des individus malintentionnés parviendraient à faire « disparaître » mystiquement les organes génitaux de leurs victimes par un simple contact physique ou une poignée de main. Face à la montée de la vindicte populaire et du climat de peur, l’exécutif togolais brise le silence.

L’appel au calme face aux rumeurs

Devant l’ampleur de la psychose, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a publié, le 11 juillet 2026, un communiqué officiel clair. « A ce stade des investigations menées par les services compétents, en collaboration avec les autorités sanitaires, aucun élément objectif ne permet d’établir la réalité des faits tels que relayés », note le gouvernement. Ainsi, à Sokodé comme ailleurs, les examens cliniques subis par les prétendues victimes ont systématiquement démenti la rumeur.

Le véritable danger réside, en réalité, dans les conséquences de ces fausses informations. Dans la commune de Kara Sud, une femme accusée à tort de « vol de sexe », a été violemment prise à partie par la foule avant d’être remise aux forces de l’ordre.

Le ministre Madjoulba rappelle fermement que « nul n’est autorisé à se faire justice » et précise que « toute personne se livrant à des actes de violence, d’agression, de destruction de biens, de diffusion de fausses informations ou de trouble à l’ordre public s’expose à la rigueur de la loi ».

Le phénomène des « voleurs de sexe »…

Ce phénomène n’est ni nouveau, ni propre au Togo. Anthropologues et psychologues étudient ces vagues de panique collective depuis des décennies en Afrique de l’Ouest (Nigeria, Côte d’Ivoire, Burkina Faso).

Scientifiquement, cette perception peut s’expliquer par deux facteurs majeurs :

– L’effet nocebo : C’est le pendant négatif de l’effet placebo. Une croyance ou une peur extrêmement intense peut induire des symptômes physiques réels ou une perception totalement altérée de son propre corps (comme une sensation de rétraction due à une crise d’angoisse aiguë).

– La fonction de régulation sociale : Pour de nombreux sociologues, ces rumeurs cycliques apparaissent souvent en période de tensions économiques ou de mutations sociales. Elles agissent comme un exutoire collectif face à l’anxiété du quotidien.

La plupart du temps, les personnes accusées sont des étrangers, des minorités ou des personnes vulnérables, faisant d’elles des boucs émissaires idéaux au sein de la communauté.

Quelle réaction face à une situation suspecte ?

Pour éviter que la psychose ne lèse des innocents, les autorités togolaises demandent instamment aux populations de garder leur calme, de ne pas relayer de vidéos non vérifiées sur WhatsApp ou TikTok, et de contacter immédiatement les numéros verts gratuits mis à disposition, notamment le 1014 (Centre national de commandement unifié), le 117 / 1244 (Police nationale) ou le 172 (Gendarmerie nationale).

La Rédaction

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