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Voir un enfant lire sans difficulté, permettre à une personne âgée de retrouver la vue après des années d’obscurité, offrir à un travailleur la possibilité de poursuivre son activité sans être freiné par une maladie oculaire : derrière ces réalités se cache un enjeu majeur de santé publique. Au Togo, cet enjeu bénéficie désormais d’un nouvel appui avec le lancement du Projet de renforcement du système de santé oculaire pour un développement durable (PRSSODD).

Porté par le Programme national de santé oculaire (PNSO), avec l’accompagnement technique et financier de la Banque islamique de développement (BID), le projet a été officiellement lancé à Lomé en mai 2026. Son ambition est de rendre les soins oculaires plus accessibles, plus performants et mieux répartis sur l’ensemble du territoire.

Les défis à relever demeurent importants. Selon les données du ministère de la Santé, 4 % des personnes âgées de 50 ans et plus sont touchées par la cécité. Dans les écoles, un enfant sur 5 présente des troubles visuels susceptibles d’affecter ses apprentissages. À cela s’ajoutent plus de 60.000 cas de cataracte qui n’ont pas encore été pris en charge.

Face à cette situation, le PRSSODD entend agir sur plusieurs fronts. Prévu pour une durée de quatre ans et déployé dans les 6 régions sanitaires du pays, il vise à renforcer les compétences du personnel de santé, à améliorer les équipements spécialisés et à rapprocher les services ophtalmologiques des populations vivant loin de la capitale.

Former, équiper et soigner

L’un des principaux axes du projet repose sur le développement des ressources humaines. Des médecins ophtalmologistes, des techniciens supérieurs en ophtalmologie et des optométristes bénéficieront de formations destinées à renforcer leur expertise.

Au total, 36 professionnels seront formés à travers des cursus de longue durée, tandis que 51 autres suivront des formations spécialisées de courte durée. Les centres de santé et les établissements de formation seront également dotés d’équipements modernes afin d’améliorer la qualité des diagnostics et des traitements.

Le projet prévoit par ailleurs la mise en place de 10 ateliers optiques, la réalisation de 30.000 consultations ophtalmologiques et de 4.000 interventions chirurgicales de la cataracte. Un appui particulier sera apporté à un centre tertiaire spécialisé dans la prise en charge du glaucome et de la rétinopathie diabétique, deux affections qui constituent aujourd’hui des causes majeures de déficience visuelle.

Une attention particulière sera accordée aux populations les plus vulnérables grâce à l’organisation de consultations et d’opérations gratuites de la cataracte.

Des retombées attendues dans tout le pays

Le projet cible directement 84.000 patients de tous âges dans les districts sanitaires de l’Avé, de Yoto, de Vo et des Lacs. Son impact devrait toutefois se faire sentir bien au-delà de ces zones grâce au renforcement global du système de santé oculaire.

Les objectifs fixés sont ambitieux. Le gouvernement entend améliorer de 30 % la couverture des soins oculaires à l’horizon 2030. Le taux de chirurgie de la cataracte devrait également progresser, passant de 999 à 1.485 interventions par million d’habitants et par an d’ici 2027.

Cette nouvelle initiative s’appuie sur des expériences déjà concluantes. Parmi elles figure la campagne nationale « Zéro cataracte », lancée en mars 2022. Cette opération a permis de rapprocher les soins spécialisés des populations et de redonner la vue à des milliers de personnes.

Dans la continuité des succès enregistrés

À la date du 10 octobre 2022, plus de 11.000 interventions chirurgicales avaient déjà été réalisées dans les cinq régions économiques du pays, hors Grand Lomé. L’objectif initial était de prendre en charge plus de 10.000 patients souffrant de cataracte et de fournir au moins 20.000 paires de verres médicaux confectionnés sur place.

Portée par le président du Conseil, Faure Gnassingbé, cette campagne a offert aux populations des consultations spécialisées ainsi que des interventions chirurgicales lorsque cela était nécessaire.

À travers le PRSSODD, le Togo poursuit ainsi ses efforts pour faire de la santé visuelle un droit accessible au plus grand nombre. Car préserver la vue, c’est aussi favoriser la réussite scolaire, renforcer l’autonomie des personnes âgées, améliorer la productivité et soutenir le développement économique. Un peuple qui voit mieux dispose tout simplement de meilleures chances pour construire son avenir.

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