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La capitale togolaise vibre, depuis le 15 juin dernier, au rythme de la première Convention et Exposition africaines du transport aérien. C’est le Président du conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, Champion du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), qui a officiellement ouvert les travaux de cet événement, qui réunit le gratin de l’aviation civile mais également plusieurs personnalités de premier plan, telles que le Président rwandais Paul Kagamé, l’ancien Président nigérian Olusegun Obasanjo, les ministres des Transports africains, sans oublier les représentants des instances continentales et internationales de l’aviation civile. 

Retour, dans les lignes qui suivent, sur l’essentiel du propos du Champion de la MUTAA. 

« (…) Honorables invités,

Distingués participants.

Permettez-moi avant de prononcer mon discours, de renouveler mes remerciements au Président Paul Kagamé, pour avoir accepté d’honorer de sa présence l’événement que nous vivons aujourd’hui. Le président Kagamé a assuré la présidence de la conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine en 2018 et il a eu un mandat réussi, un mandat fructueux, il a initié beaucoup de réformes, il a ouvert beaucoup de chantiers et le MUTAA est un des nombreux fruits de ses réformes ainsi que la ZLECAf, etc.

Mesdames et Messieurs,

Parler du ciel africain, ce n’est pas seulement parler de routes aériennes, de compagnies, d’aéroports ou de régulation. C’est parler de la manière dont l’Afrique se relie à elle-même. C’est donc parler de mobilité, de commerce, de compétitivité et d’intégration.

Depuis plusieurs années, notre continent a fait un choix clair : celui de l’intégration. Nous l’avons fait avec le Marché unique du transport aérien africain, avec la Zone de libre-échange continentale africaine, avec l’Agenda 2063.

Mais on l’a dit et répété, l’intégration ne se mesure pas seulement aux textes adoptés. Elle se mesure aux résultats visibles : des routes ouvertes, des coûts réduits, des délais raccourcis, des échanges facilités.

Le thème retenu porte donc une ambition essentielle. Mais il porte sur une exigence : faire du ciel africain un espace plus ouvert, plus accessible, plus compétitif et plus utile à la transformation de nos économies.

Pour le Togo, accueillir cette Convention n’est pas seulement un honneur. C’est un engagement. Car notre pays a fait le choix de se positionner comme une plateforme commerciale et logistique régionale. Cette ambition n’a de sens que si elle contribue à une ambition plus large : celle d’une Afrique qui se relie davantage à elle-même pour mieux se transformer.

C’est pourquoi je voudrais partager avec vous quatre convictions sur le sujet.

La première conviction est que le ciel unique africain doit passer de l’engagement politique à la réalité opérationnelle.

L’Afrique a donc fait le choix de l’intégration. Ce choix se justifie, parce qu’aucun de nos pays, pris isolément, ne dispose de toute la taille critique requise pour répondre seul aux défis de la transformation économique.

Mais l’intégration ne devient réelle que lorsqu’elle produit des effets concrets : des villes mieux reliées, des routes plus nombreuses, des coûts plus faibles et des échanges plus fluides.

On l’a dit aujourd’hui encore, même si c’est de moins en moins vrai, il reste parfois plus simple de relier une capitale africaine à une capitale extérieure au continent que de relier deux capitales africaines entre elles. Ce constat révèle une fragmentation profonde de notre espace économique.

Le Marché unique du transport aérien africain doit donc entrer dans une phase plus concrète. Il faut aligner les accords de services aériens, faciliter l’ouverture effective des routes, mieux utiliser les droits de trafic et développer des corridors prioritaires.

La connectivité ne se décrète pas. Elle se construit par des décisions précises, des engagements suivis mais aussi par une coordination régulière entre les États, les régulateurs, les compagnies, les aéroports et les communautés économiques régionales.

Ma deuxième conviction est que la connectivité aérienne ne sera utile que si elle devient plus accessible et plus compétitive.

Ouvrir le ciel africain est nécessaire. Mais un ciel ouvert peut rester, dans les faits, difficile d’accès si les billets d’avion demeurent trop chers, les formalités restent trop lourdes, les visas sont trop complexes ; alors la connectivité existe sur le papier, mais elle ne transforme pas suffisamment la réalité.

Un billet trop cher, on l’a dit, n’est pas seulement une contrainte pour le passager. C’est une barrière pour l’entrepreneur, pour le tourisme, pour les étudiants, pour les familles, pour les commerçants. C’est, au fond, une barrière à l’intégration africaine elle-même.

Nous devons donc trouver un meilleur équilibre entre la nécessité de financer les infrastructures et l’objectif de développer le marché.

Les exigences de sûreté, de sécurité et de qualité doivent rester élevées. Mais les taxes, frais et charges doivent être plus transparents, plus prévisibles et mieux pensés à l’échelle continentale.

La même logique vaut pour la facilitation. Les visas, les formalités d’entrée, la digitalisation des procédures, la gestion du fret et l’application des standards internationaux ne sont pas de simples sujets administratifs. Ce sont des instruments d’intégration.

Ma troisième conviction est que le transport aérien doit être mis au service de la transformation productive du continent.

Nous parlons souvent de l’aviation à travers le transport des passagers. Mais l’aviation est aussi une infrastructure économique. Elle peut soutenir l’agriculture, l’industrie, la santé, le commerce numérique, les exportations à forte valeur ajoutée et les chaînes de valeur régionales.

Le fret aérien doit donc occuper une place plus importante dans nos stratégies logistiques. C’est ici que le lien avec la Zone de libre-échange continentale africaine est essentiel.

La ZLECAf ne produira pas tous ses effets uniquement par la réduction des droits de douane. Elle aura besoin de routes, de corridors, de plateformes logistiques, de procédures efficaces et d’une capacité réelle à faire circuler les biens entre nos économies.

Le transport aérien doit donc être pensé comme une composante d’un système plus large. Il ne s’agit pas d’opposer l’air, la route, la mer et le rail. Il s’agit de les articuler autour de corridors économiques cohérents. Pour l’Afrique, l’enjeu est donc de transformer la connectivité en compétitivité.

Ma quatrième conviction est que l’Afrique doit construire une base aéronautique plus solide, plus innovante et plus durable.

Une aviation africaine compétitive doit reposer sur un écosystème robuste. Elle suppose des aéroports modernes, des compagnies solides, des capacités de maintenance, des services d’assistance au sol efficaces, des systèmes numériques fiables et des cadres réglementaires clairs.

Nous devons regarder l’aviation comme une filière productive. Elle peut créer des emplois qualifiés, développer des savoir-faire techniques, attirer des investissements et offrir à notre jeunesse des perspectives dans des métiers d’avenir. La souveraineté aéronautique ne se construira pas seulement avec des infrastructures. Elle se construira aussi avec des compétences.

Cette ambition suppose de mieux préparer les projets et d’anticiper à l’avance nos besoins futurs. Elle suppose aussi d’intégrer la durabilité dès le départ : modernisation des opérations, résilience des infrastructures et exigences environnementales.

La Convention qui s’ouvre aujourd’hui à Lomé doit être un moment d’accélération. Elle doit permettre d’avancer sur le Marché unique du transport aérien africain.

Au-delà des livrables techniques, cette rencontre doit porter un message politique clair : l’Afrique doit mieux se relier à elle-même pour mieux se transformer. Elle doit réduire les distances qui freinent l’intégration. Elle doit donner à ses entreprises un marché plus accessible et à sa jeunesse un continent plus ouvert.

Un ciel africain unique n’est pas seulement un projet d’aviation. C’est un projet d’intégration, de développement et de souveraineté. C’est dans cet esprit que le Togo est fier d’accueillir cette Convention.

Je souhaite plein succès à vos travaux. Et je déclare ouverte la Convention et Exposition africaines du transport aérien 2026.

Je vous remercie de votre aimable attention. »

@macite.tg        

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