La 4e édition du Concours Reine des Sciences et Technologies a connu son apothéose hier mardi 17 février 2026, au siège de la Représentation nationale. Sur les 15 lauréates retenues à l’issue du processus de sélection conduit par un jury indépendant en présence d’un huissier de justice, Blessing Gamba Dalouba a été élue Reine de cette édition.
Une enveloppe financière de 16 millions de FCFA a été mobilisée pour l’ensemble des lauréates, répartie comme suit : 5 millions de FCFA pour la Reine, 3 millions de FCFA pour la première duchesse, 2 millions de FCFA pour la deuxième duchesse et 500.000 FCFA pour chacune des 12 lauréates restantes.
Organisé par la Fondation Asaal avec l’appui du ministre de l’Éducation nationale et de l’Assemblée nationale, ce concours a connu la présence de Son Excellence Professeur Komi Selom Klassou, Président de l’Assemblée nationale, de Hadja Ibrahima Mémounatou, Présidente du Parlement de la CEDEAO, de Mama Omorou, ministre de l’Éducation nationale, de madame Abira Bonfoh, présidente de la Fondation Asaal, et de plusieurs autres personnalités.

Le concours vise à promouvoir l’excellence, révéler les talents féminins et affirmer la place déterminante des jeunes filles dans les secteurs scientifiques. Cette édition a enregistré 308 candidatures, ce qui traduit l’intérêt croissant des jeunes Togolaises pour les filières scientifiques et technologiques.
Pour Abira Bonfoh, présidente de la Fondation Asaal, à travers cet événement, il est non seulement question de promouvoir les jeunes filles brillantes, audacieuses, déterminées, capables non seulement de réussir, mais aussi de renforcer la recherche, d’éclairer la décision publique et de contribuer à la souveraineté de notre État et au-delà, de toute l’Afrique.
« L’avenir scientifique de nos nations ne peut se construire sans les femmes. Depuis sa création, ce concours ne vise pas seulement à récompenser des performances académiques, il ambitionne de poser les fondements d’une communauté scientifique consciente, engagée et responsable. Une communauté capable de décoloniser les savoirs, de promouvoir une pensée critique endogène et de mobiliser la recherche scientifique pour faire émerger des sociétés autosuffisantes, libérées des dépendances intellectuelles et structurelles », a déclaré Abira Bonfoh.
De son côté, Mama Omorou, ministre de l’Éducation nationale, a posé avec lucidité la réalité des sciences, des technologies, de l’ingénierie, des mathématiques, en lien avec la place des filles au Togo comme ailleurs.

« À l’échelle mondiale, les chiffres sont sans appel, car les femmes ne représentent aujourd’hui que 35% des étudiants dans les filières Science, technologie, ingénierie et mathématiques et seulement 29% de la communauté mondiale des chercheurs. Ces données rappellent l’ampleur du chemin à parcourir et donnent toute leur force aux objectifs de développement durable 4 et 5 relatifs à l’éducation de qualité et à l’égalité de genre », a-t-il déclaré.
« Lorsque l’on observe notre propre système éducatif, le constat appelle à une responsabilité plus grande, justifiée par le bilan dressé par notre plan sectoriel de l’éducation 2020-2030, lequel révèle que les formations en sciences de la santé, sciences de la vie et de la terre, sciences physiques, mathématiques et statistiques regroupent 16% des étudiants, tandis que les formations techniques n’en rassemblent que 6%.
Au total, 22% seulement des étudiants togolais sont engagés dans les parcours scientifiques ou techniques, un chiffre insuffisant au regard des ambitions de transformation de notre économie et de notre société. Plus préoccupante encore est la situation des filles dans ces filières », a ajouté le ministre de l’Éducation nationale.
Selon le ministre, les étudiantes représentent 14,3% au Centre d’excellence régional sur les sciences aviaires (CERSA), 15,4% à l’École polytechnique de Lomé et 7,5% à l’École des assistants médicaux.
Dans son allocution de circonstance, le Président de l’Assemblée nationale a souligné que, le gouvernement, sous le leadership du Président du Conseil, a engagé depuis plusieurs années des réformes courageuses. Depuis 2008, la gratuité de l’enseignement préscolaire et primaire public a permis de lever une barrière financière majeure pour la scolarisation des filles.
« L’éducation des jeunes et des filles en particulier constitue à cet effet une priorité de choix pour l’Assemblée nationale. La loi d’initiative parlementaire numéro 2024-005 du 6 mai 2024 portant Constitution de la Vème République, en son article 16, consacre le droit à l’éducation pour tous et réaffirme le caractère obligatoire de l’école pour les enfants des deux sexes jusqu’à l’âge de 15 ans », a-t-il déclaré.

D’autres lois ont été votées également par la Représentation nationale en faveur des jeunes, à l’instar de la loi numéro 2022-20 du 2 décembre 2022 relative à la protection des apprenants contre les violences à caractère sexuel au Togo. Toutes ces initiatives de la Représentation nationale visent à offrir un cadre juridique protecteur, inclusif et favorable à l’épanouissement du capital humain.
« Dans un monde toujours marqué par une mutation technologique profonde où le numérique, la robotique, la science des données et l’intelligence artificielle redéfinissent les économies et les métiers, aucune nation ne peut se permettre de laisser une partie de sa jeunesse en marge », a indiqué S.E. Professeur Komi Selom Klassou.
Selon le président de l’institution parlementaire, la remise des prix du concours Reine des Sciences et Technologies met en exergue la place des filles dans les sciences et les technologies.
Autres temps forts de cet événement, des distinctions institutionnelles d’honneur décernées au ministre de l’Éducation ainsi qu’au président de l’Assemblée nationale.
Le public a également assisté à la nomination des cohortes de cette édition. La cohorte de cette année est composée de Awa Nana-Daboya, Hadja Mémounatou Ibrahima et Olatokounbo Ige.

La cérémonie n’a pas seulement récompensé des performances académiques. Elle a aussi mis à l’honneur la persévérance, l’audace et la détermination de celles qui ont choisi d’exceller dans des filières encore marquées par des disparités de genre.
Le choix du siège de la Représentation nationale pour abriter cette cérémonie traduit l’engagement constant de l’Assemblée nationale en faveur de l’éducation, de l’innovation et de la promotion du leadership féminin. En ouvrant ses portes à cette initiative, elle réaffirme son rôle d’institution garante des valeurs républicaines et sa proximité avec les populations, en particulier la jeunesse togolaise.
AN
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