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À l’approche de l’élection présidentielle camerounaise, l’archevêque de Douala appelle à l’alternance, dans un pays qu’il dit « malade » et où les dirigeants « s’entêtent à conduire la gestion de l’État ».

À deux mois de la prochaine présidentielle, l’archevêque métropolitain de Douala a jeté un nouveau pavé dans la mare du Cameroun. Samuel Kleda a interpellé les autorités, ce 10 août, via une lettre pastorale sur « le climat social à l’approche du scrutin ».

L’attente des fidèles et des opposants était grande, le prélat ayant déjà signifié sur RFI à Noël qu’une nouvelle candidature du président Paul Biya n’était « pas réaliste ».

Depuis, le chef de l’État s’est déclaré candidat, faisant fi des critiques et des oppositions. Mais Samuel Kleda ne désarme pas.

« Malaise » et « mort lente »

La lettre pastorale du 10 août est cruelle. « Notre pays est malade », affirme l’archevêque. Ce dernier décrit un « malaise qui ronge » le Cameroun, prenant « sa source dans des actes anti-évangéliques institués », comme la « mauvaise gouvernance » et la « corruption » qui alimentent une « pauvreté généralisée ».

Il évoque plus précisément le « délabrement du réseau routier » et un « accès difficile à l’eau et l’électricité», domaines dont la responsabilité incombe clairement aux plus hauts responsables politiques. Or, aucune alternance politique nationale n’a eu lieu depuis l’arrivée au pouvoir de Paul Biya, en 1982.

Et l’index accusateur du prélat de pointer plus explicitement « les dirigeants » qui « semblent ne plus savoir quoi faire », ayant cessé de placer le citoyen « au cœur des préoccupations », au profit du clan, de l’ethnie ou du lobby. En décrivant un « inquiétant […] entêtement à conduire la gestion de l’État », l’archevêque appelle explicitement à une alternance qui, seule selon lui, pourrait contrecarrer « la mort lente du Cameroun ».

« Suspicion » et « controverse »

Au-delà de l’opportunité de telle ou telle candidature, la lettre pastorale s’en prend à la transparence même du processus électoral. Elle décrit « des élections dont les résultats sont connus d’avance, décidés par une poignée d’individus ».

Elle affirme que « la démocratie […] est entachée par la violence institutionnelle, les intimidations, l’absence de transparence, de vérité et de justice » et que la validation des candidats est « entourée de suspicion et de controverse ». Une allusion au rejet du dossier de l’opposant Maurice Kamto.

Après avoir évoqué le « bourbier » de la crise anglophone et la situation sécuritaire instable dans la région de l’Extrême-Nord, l’archevêque sert tout de même à ses lecteurs la substantifique moelle du message pastoral : l’espoir. Son texte invite les citoyens à ne pas se décourager et à explorer – nouvelle invite à l’alternance politique – « de nouvelles voies pour sauver le pays ».

Signe d’une véritable défiance de l’Église catholique envers Paul Biya ? Ce dernier a accordé le 15 juillet, deux jours après sa déclaration de candidature, une de ses rares entrevues publiques à José Avelino Bettencourt, le nonce apostolique au Cameroun.

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