Le chef et fondateur du parti pro-kurde, Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, a appelé dans un revirement historique, à la dissolution du groupe séparatiste et à déposer les armes après 4 décennies de combat contre l’Etat turc. L’aveu de cet échec du projet de scission avec l’Etat turc après tant de violence, a une plus grande signification. Est-ce le signe du début de la fin des mouvements séparatistes?
Après quarante ans de violences et de combats armés contre la Turquie, le PKK, l’ennemi numéro 1 de l’Etat turc, a avoué son échec. Son fondateur et dirigeant emprisonné depuis les années 90, le septuagénaire Abdullah Öcalan, s’est rendu à l’évidence et a appelé le groupe armé à abandonner le combat et à s’autodissoudre.
« Tous les groupes doivent déposer les armes et le PKK doit se dissoudre », a ordonné le leader kurde dans une lettre lue en son nom par des députés du parti pro-kurde légal, le DEM. Le fondateur du mouvement séparatiste a estimé que le PKK a perdu sa raison d’être et d’exister, et que les conditions qui ont connu sa naissance ne sont plus d’actualité à l’heure actuelle.

Estimant que le temps est arrivé pour sa « dissolution », le chef du groupe armé PKK, classé comme un groupe terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux (États-Unis, Union européenne, Royaume-Uni), a avoué que cette lutte armée ne pouvait plus continuer.
« Il est certain que l’appel d’Abdullah Öcalan à l’unité avec la Turquie, à la dissolution du PKK et à la remise des armes, dans le cadre des transformations qui se déroulent dans la région, représente un moment fort qui pourrait entraîner une diminution de la violence en Turquie, en Irak et en Syrie, étant donné que la composante kurde est un facteur commun dans le triangle de la région », observe Mohamed Bouden, expert en affaires internationales contemporaines dans une déclaration à Hespress FR.
Cette transformation constitue une victoire pour la Turquie, relève-t-il, principalement grâce à sa capacité à neutraliser les projets de terrorisme et séparatistes, ainsi qu’à son intégration d’un groupe longtemps perçu comme une menace sécuritaire importante. « Il est donc prévu que les zones à majorité kurde dans les pays voisins de la Turquie connaissent une stabilité accrue à la lumière de ce développement », note l’expert.
Cette évolution créera un nouvelle situation pour les membres du PKK, qui devrait leur permettre d’exercer leur droit d’activisme politique dans le cadre légal de la Turquie. Ainsi, Ankara, juge Mohamed Bouden, « pourrait répondre en ouvrant la voie à un passage de ce groupe de l’illégalité à une pratique civile. Cependant, les dynamiques de cet événement ne font pas éclipser certains scénarios, dont celui de la scission au sein du parti ».

Vers la fin du modèle séparatiste ?
L’aveu de l’obsolescence du plan séparatiste du PKK après 4 décennies de lutte armée contre la Turquie, montre que « dans le monde d’aujourd’hui, les groupes séparatistes font face à la réalité de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des pays. Par conséquent, l’échec des groupes séparatistes et de leurs soutiens est inévitable », affirme l’expert en affaires internationales.
« Il existe plusieurs exemples dans ce cadre, et la plupart des pays défendent leur souveraineté, tant par des moyens diplomatiques que militaires, en plus de l’absence de soutien international aux projets séparatistes, pour lesquels les pays sont fermement opposés dans le monde entier », insiste-t-il.
Dans ce sens, la milice du polisario, qui menace l’intégrité territoriale du Maroc de la même manière que le PKK menaçait celle de la Turquie, se voit enfermée, et ses thèses séparatistes sont « dans une impasse ». Cette situation, qui se perçoit à l’échelle mondiale « affectera le front polisario, qui, si ses dirigeants avaient leur mot à dire, chercherait à s’engager dans une vision unitaire dans le cadre de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Ils auraient ainsi préservé leur dignité, sachant que cinquante ans de conflit régional artificiel autour du Sahara marocain représente une équation nulle pour les habitants des camps de Tindouf ».

Mohamed Bouden poursuit en supposant que « des leçons devraient être tirées de la déclaration du Parti des travailleurs du Kurdistan concernant sa dissolution et la remise des armes », rappelant qu’ « aujourd’hui, de nombreux acteurs internationaux sont témoins du rôle négatif de l’Algérie en tant que partie principale du conflit artificiel autour du Sahara marocain, ainsi que de son mauvais usage des forums internationaux par ses tentatives répétées de tromper la communauté internationale sur les faits clairs du dossier du Sahara », soutenant que cela la place du mauvais côté de l’histoire.
MSN
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