Une fois encore, une autorité locale, imbue de son titre de chef de village, fait étalage de sa mauvaise réputation au vu et au su des populations de la préfecture de l’Avé. En effet, Togbui Sokpor Elias, chef du village de Bagbé-Route, dans la commune Avé 2, s’arrogeant de son titre de ‘’Chef’’, soutenu par une horde ‘’d’hommes de main’’, poursuit la vente anarchique de terrains d’au moins cinq collectivités dans l’Avé. Ceci, malgré l’intervention des juridictions compétentes, qui ont, de tout temps, tranché en faveur des collectivités en question. Une situation insoutenable pour les populations de cette préfecture, qui demandent l’intervention des plus hautes autorités pour éviter l’embrasement. Excédée, les mandataires des cinq collectivités étaient face à la presse le jeudi 19 décembre dernier à Lomé.
« Pour nous de la collectivité Kadjahlo, le problème avec le sieur Elias Sokpor, ce Monsieur qui sème la terreur a Bagbé, a commencé depuis 2021 quand ce dernier a vendu un de nos terrains à un certain Ibrahim… », a souligné d’entrée Kadzahlo Koffi Anani de la collectivité Kadzahlo, demeurant et domicilié à Bagbé.
Des jugements mettant en cause Elias Sokpor, sans suites évidentes…
Selon une requête du Tribunal d’instance à compétence civile de Kévé, le litige foncier qui opposait la Collectivité Kadzahlo au sieur Togbui Sokpor, chef du village de Bagbé, avait été résolu, et la collectivité Kadzahlo avait été reconnu comme propriétaire de ce terrain objet de vente. Par arrêté n°342/2017, la Cour d’appel de Lomé avait confirmé le droit de propriété de la collectivité Kadazahlo et avait déclaré « inopposable à celle-ci toute les ventes consentis aux tiers par le Sieur Sokpor Elias ».

Non satisfait par ce jugement de la Cour d’appel, Togbui Sokpor a interjeté appel près de la Cour Suprême du Togo. Par arrêté n°076/2022 du 16 juin 2022, la Cour Suprême a rejeté ledit pourvoi comme « non fondé », confirmant de fait la décision de la Cour d’appel de Lomé.
Tout comme la collectivité Kadzahlo, la collectivité Aglago, qui a été confrontée au même Togbui Sopkor Elias dans une autre affaire de litige foncier, a vu son droit de propriété confirmé sur sa parcelle, et une attestation de non pourvoi a même été obtenu par cette collectivité.
Suites à ces décisions de justice, qui ont reconnu le Sieur Elias Sokpor comme perdant dans ces différents litiges, les requérants ont procédé à des travaux légitimes : levé topographique de leur domaine respectif, implantation des bornes et des plaques, etc. Mais cela n’a curieusement pas empêché le sieur Sokpor non seulement de détruire ces bornes et mais aussi de procéder à d’autres ventes illicites de terrains. Ceci toute en empêchant, grâce à son groupe de ‘’miliciens’’, les propriétaires terriens d’avoir accès à leur domaine.

« Ce Monsieur Sokpor nous crée tous les problèmes. Il nous menace. Il nous écrase. On demande simplement aux plus hautes autorités du pays de nous régler ce problème (…) Nous aussi nous pouvons nous lever afin de nous rendre justice nous-mêmes, mais nous ne voulons pas de cela dans l’Avé », a confié d’entrée Kadzahlo Koffi Anani, lors de la rencontre avec la presse…
La goute d’eau qui a débordé le vase
Le mercredi 11 décembre 2024, alors que Mathias Kodjo Fanho, Pdg de Famath Production et son cortège, revenant de Kévé où ils s’y étaient rendus dans le cadre des préparatifs des activités sociales de fin d’année au profit des enfants, avaient fait escale à Bagbé pour se détendre. Ils ont été pris à parti et copieusement molesté par Togbui Sokpor à la tête d’une équipe d’une vingtaine d’hommes de main, munis d’armes blanches. Les dégâts sont énormes : plusieurs blessés transportés au Cms de Noépé puis évacués d’urgence au Chu Sylvanus Olympio, des voitures vandalisées, des biens (téléphones portables, des documents et de l’argents) emportés…
« Ils scandaient des propos en lien avec les différends fonciers dont nous sommes parties. Ils nous ont physiquement agressé, laissant un de mes collaborateurs et moi dans un état tristement morne… », nous confiera le ‘’ressuscité’’ Mathias Kodjo Fanho, qui porte encore des séquelles de cette agression.
Une plainte contre cette bande de ‘’hors la loi’’, pour « violences volontaires aggravées, vol aggravé et menaces de mort », a été déposée, le 13 décembre dernier, près du Tribunal d’instance à compétence correctionnelle et civile de Kpalimé, pour donner une suite juridique à cette affaire.

De la nécessité de sauver l’Avé des griffes du sieur Sopkor et sa bande…
Cette violence inouïe contre le Pdg de Famath Production et son cortège, n’est pas un acte isolé. En effet, Mathias Kodjo Fanho et sa structure, qui organise dans l’Avé des activités humanitaires, a été approché par les mandataires de cinq collectivités (Aglago, Atikey, Kadzahlo, Kohoe, et Kponyo) aux fins de crever cet abcès, qui gangrène la préfecture de l’Avé et empêche, quelques fois, la tenue d’activités foraines au profit des populations vulnérables de la préfecture.
Mis au courant de cette démarche, le Sieur Togbui Sokpor, qui se prend pour le centre de la terre, aurait décidé d’en découdre avec tous ceux qui se dresseront sur son chemin. D’ailleurs, on le voit dans une vidéo où il défiait des agents de forces de l’ordre, venus faire exécuter une ordonnance de cessation de travaux sur un des terrains litigieux.
« Trop, c’est trop ! », clament les populations de l’Avé. Une demande de levée d’immunité en vue des poursuites pénales de Togbui Sokpor Elias, est même introduite auprès des autorités compétentes.

Le comble, c’est que des parents du sieur Sokpor reconnaissent qu’ils ne peuvent aucunement être des propriétaires terriens dans l’Avé car, soulignent-ils, ils sont, en effet, de Yopé, un village frontalier du Ghana. D’ailleurs, cette vérité leur coûte, à eux aussi, des menaces de mort. Qui est au juste ce Togbui Sokpor Elias ?
Nous y reviendrons !
JPB
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