La façade atlantique africaine franchit un nouveau cap vers son intégration économique et sécuritaire. Coorganisée par le Maroc et le Bénin, la 7è Réunion ministérielle du Processus des États Atlantiques Africains (PEAA) s’est tenue du 12 au 13 juillet 2026 à Cotonou. Réunissant 23 États riverains, dont le Togo, cette rencontre de haut niveau s’est clôturée sur une note de grande satisfaction et d’espoir, marquée par l’adoption historique de la « Déclaration de Cotonou ».
Initié en juin 2022 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc, le PEAA ambitionne de transformer l’espace atlantique africain en un pôle géostratégique majeur. L’objectif est de permettre aux pays africains ayant une ouverture sur la côte, de capitaliser sur les atouts de l’océan Atlantique, pour s’imposer comme des acteurs clés de la gouvernance maritime mondiale.
Lors de la cérémonie d’ouverture, l’Ambassadeur Mohamed Methqual, Directeur général de l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI), a rappelé l’urgence de cette initiative face aux bouleversements économiques et sécuritaires actuels. Il a lancé un plaidoyer vibrant pour une intégration africaine assumée et mutuellement bénéfique.

Les grands chantiers de Cotonou …
Pour que l’Afrique atlantique devienne un carrefour d’opportunités, la stabilité est un prérequis non négociable. Les discussions de Cotonou ont mis l’accent sur trois piliers fondamentaux à savoir :
- La sécurité et la défense collective
L’Ambassadeur Mohamed Methqual a désigné la sécurité maritime comme le chantier prioritaire. Les États membres se sont accordés sur la nécessité de renforcer l’échange de renseignements et la coopération opérationnelle, coordonner la lutte active contre la piraterie maritime et les trafics illicites, et mener le combat contre la criminalité transfrontalière et les cybermenaces ciblant les infrastructures portuaires.
- Des corridors logistiques verts et interconnectés
Le développement économique de la région repose sur la modernisation des ports. Le PEAA encourage la création d’infrastructures portuaires modernes et interconnectées, tout en veillant scrupuleusement au respect de l’environnement grâce à des technologies durables et à la promotion d’énergies propres.
- Synergie avec la ZLECAf et désenclavement de l’hinterland
Sur ce sujet, la ministre béninoise des Affaires étrangères, Mme Corinne Amorin Brunet, s’est réjouie de voir l’Afrique prendre son destin en main. Elle a souligné la parfaite complémentarité entre le PEAA et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Selon la diplomate béninoise, « le PEAA apporte une véritable plus-value aux pays de l’hinterland (pays enclavés) grâce au développement de corridors logistiques reliant efficacement les ports maritimes aux territoires de l’intérieur. »

Le Togo réaffirme son leadership régional
Le Togo, représenté par son ministre des Affaires étrangères, le Prof. Robert Dussey, a joué un rôle actif dans la réussite de ce sommet. Saluant le pragmatisme et l’ambition du PEAA, le chef de la diplomatie togolaise a réaffirmé l’engagement indéfectible du Togo en faveur d’une coopération régionale concrète, axée sur la paix, la sécurité et le développement partagé.
Notons que la Déclaration de Cotonou, adoptée à l’unanimité des 23 délégations, pose les bases d’une alliance économique et sécuritaire durable le long des côtes atlantiques. Ce projet, ambitieux mais réaliste, franchira une nouvelle étape très prochainement : les États membres ont déjà pris rendez-vous en septembre 2026 pour assurer le suivi opérationnel de ces décisions historiques.
MC
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