Sur scène, côte à côte, aucun sourire, aucun contact visuel entre les présidents congolais et rwandais. Chacun fixe les yeux droits devant lui. Dans leurs allocutions respectives, Paul Kagame et Félix Tshisekedi ont admis que la mise en œuvre de l’accord serait « difficile » et « semée d’embûches ». Donald Trump, lui, visiblement satisfait, croit en un « grand miracle ». Une formule qui tranche avec la froideur ambiante.
Ce que dit le texte
Le document signé, les Washington Accords for Peace and Stability ou les Accords de Washington pour la paix et la stabilité, se veut une refonte complète du processus engagé depuis plusieurs mois et révèle également un tournant : les États-Unis reprennent la main sur un dossier longtemps laissé aux mécanismes africains et onusiens, avec une volonté très claire de stabiliser la région pour protéger leurs intérêts économiques et sécuritaires.
A cet effet, le texte prévoit notamment un cessez-le-feu immédiat, l’arrêt de tout soutien — direct ou indirect — aux groupes armés, et un retrait graduel et vérifiable du M23, sous supervision conjointe des États-Unis, de l’ONU et de l’Union africaine.

L’accord instaure également un mécanisme bilatéral de coopération sécuritaire, comprenant des patrouilles coordonnées à la frontière, un partage de renseignements et une commission de suivi installée à Nairobi.
Sur le plan économique, un volet inédit créé un « corridor minier transparent », chargé d’assurer que les minerais stratégiques tels que le coltan, le cobalt ou le lithium ne financent plus les groupes armés. Un processus dans lequel les États-Unis joueront un rôle central dans la certification.
Des zones d’ombre
Sur le papier, les avancées sont majeures. Mais plusieurs zones d’ombre subsistent encore : aucune sanction contraignante n’est précisée en cas de non-respect, et la réussite de l’accord repose entièrement sur la volonté politique de Kinshasa et Kigali.
Du côté congolais, une source proche de la délégation évoque un accord arraché sous une « intense pression internationale”. Kigali, pour sa part, met en avant la priorité absolue de sa « sécurité nationale” et tient à éviter toute impression de capitulation.

À la veille de la signature de cet accord, de violents combats ont encore opposé l’armée congolaise et le M23 dans plusieurs localités du Sud-Kivu. Un rappel brutal du fossé entre les engagements diplomatiques et la réalité des armes.
(Jean-Claude Abalo avec MSN)
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