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Traditionnellement dédiée aux arts et aux sports, la célèbre semaine culturelle des établissements scolaires au Togo va devoir se réinventer. Le ministère de l’Éducation nationale officialise une réforme majeure, ceci pour orienter la jeunesse vers l’innovation, la robotique et les métiers d’avenir. Dites désormais Semaine scientifique et technologique…

Le paysage éducatif togolais poursuit sa transformation structurelle. Dans une note circulaire adressée aux responsables éducatifs et aux corps enseignants, le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a dévoilé les nouvelles orientations régissant les activités parascolaires dans l’enseignement primaire et secondaire.

Désormais rebaptisée « Semaine scientifique, technologique et culturelle », cette initiative marque le passage d’une célébration essentiellement folklorique, à un carrefour d’apprentissage pratique et d’expérimentation.

« Cette nouvelle formule doit permettre aux élèves de compléter les enseignements théoriques dispensés en classe par des exercices pratiques, des démonstrations et des projets créatifs », précise la note ministérielle.

Un triptyque pédagogique : Sciences, technologies et tradition

Pour équilibrer culture générale et compétences d’avenir, l’organisation de cette semaine repose désormais sur trois piliers complémentaires :

 – D’abord, un volet scientifique qui devrait valoriser l’esprit critique

Dans ce sens, les salles de classe et les cours d’école vont se transformer en laboratoires ouverts. Les élèves y animeront des ateliers d’expériences physiques et chimiques, des concours de vulgarisation et des expositions mettant en valeur leurs propres travaux.

– Secondo, le volet technologique avec le cap mis sur le numérique et la robotique

Reflet des exigences du 21ème siècle, ce volet introduit la fabrication de prototypes, la programmation informatique et l’initiation à la robotique. L’objectif est de démystifier le numérique dès le plus jeune âge, et de faire passer les apprenants du statut de simples consommateurs, à celui de créateurs de technologies.

– Enfin, le volet culturel, artistique et sportif, bref un héritage à préserver

L’innovation ne supprime pas les traditions. L’ancienne formule conserve toute sa place à travers la musique, les danses traditionnelles, le théâtre, le dessin, les tournois de « génie en herbe » et les championnats sportifs interclasses.

Une ouverture sur le monde professionnel et académique

L’une des innovations majeures impulsées par le ministre Mama Omorou, réside dans l’ancrage territorial et institutionnel de l’événement. Placée sous la responsabilité des chefs d’établissement et des équipes pédagogiques, la semaine ne doit plus fonctionner en vase clos.

Les écoles sont explicitement encouragées à nouer des partenariats stratégiques avec non seulement les universités et grandes écoles, les centres de formation professionnelle, mais aussi et surtout avec les entreprises locales et acteurs industriels, et les collectivités territoriales et personnes-ressources

Cette synergie vise à rapprocher l’école du marché du travail. Comme le souligne le ministre dans sa circulaire en ces termes : « Cette ouverture doit permettre aux apprenants de mieux comprendre les applications concrètes des sciences et des technologies, de découvrir les métiers et de développer une meilleure connaissance des possibilités de formation et d’insertion professionnelle. »

Une réforme globale, FabLabs éducatifs et classes-métiers

Cette mutation de la semaine culturelle ne constitue pas une mesure isolée. Elle s’inscrit dans le plan global de modernisation du système éducatif togolais, axé sur l’apprentissage par la pratique (learning by doing).

Enotons qu’elle fait directement suite à deux chantiers majeurs déjà déployés sur le territoire, notamment l’introduction des classes-métiers, conçues pour offrir une orientation précoce et concrète vers les filières techniques et professionnelles, et le déploiement des FabLabs éducatifs, une sorte d’espaces de fabrication numérique aménagés au sein des établissements scolaires pour stimuler l’inventivité des élèves.

A travers cette mutation essentielle qui combine créativité culturelle et maîtrise scientifique, le Togo entend former une nouvelle génération d’apprenants polyvalents, capables de répondre aux défis économiques et technologiques de la sous-région.

La Rédaction

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