Le projet d’autoroute transfrontalière du corridor Abidjan-Lagos franchit une étape décisive. À l’occasion de la 23ᵉ réunion du comité ministériel de pilotage, tenue le vendredi 30 octobre 2026 à Lomé, l’exécutif togolais a soumis plusieurs propositions fortes visant à sauter les verrous financiers, institutionnels et fonciers de cette infrastructure sous-régionale majeure.
Porté par le ministre délégué chargé des Travaux publics et des Infrastructures,Sani Yaya, le plan d’action du Togo vise à réduire la facture globale et à garantir une exécution harmonieuse entre les cinq États membres.
Une réduction du coût du projet de 15 à 10 milliards de dollars
Le premier axe du plan d’accélération togolais repose sur l’optimisation budgétaire. Initialement évalué à 15 milliards de dollars, le coût estimatif global du projet pourrait être considérablement revu à la baisse. Grâce aux nouvelles options de financement examinées lors des sessions de travail, Lomé propose de ramener ce montant à 13 milliards, voire à 10 milliards de dollars.
Pour concrétiser cette baisse sans altérer la qualité des ouvrages, le ministre Sani Yaya a prôné une approche intégrée fondée sur la mutualisation des charges et l’instauration d’un mécanisme de solidarité financière inter-États.

Les propositions clés du Togo pour débloquer le chantier
Afin d’éviter tout retard sur le calendrier d’exécution, le Togo a soumis un ensemble de mesures opérationnelles ciblées.
D’abord, il est proposé de rendre l’Autorité de gestion (ALCoMA) pleinement opérationnelle. Ainsi, bien que le Conseil d’administration de l’Autorité de gestion du corridor Abidjan-Lagos (ALCoMA) soit déjà constitué, le Togo demande la mise en place urgente de ses organes exécutifs (direction générale et pôles techniques) pour piloter le projet avec efficacité.
Secondo, centraliser la libération des emprises foncières, serait un bel atout. Pour empêcher que les expropriations et contestations foncières locales ne freinent le chantier, Lomé préconise une approche centralisée. L’ALCoMA, soutenue par les partenaires financiers, coordonnera la libération des terrains sur l’ensemble des 1 028 kilomètres.
Créer un système de péréquation financière entre les 5 pays, serait enfin une alternative intéressante. Les opportunités économiques variant d’un pays à l’autre, certains tronçons s’avèrent plus rentables que d’autres. Le mécanisme de péréquation proposé évitera que certains États ne supportent seuls le poids financier de sections moins rentables, en répartissant équitablement les bénéfices et les charges.

Notons que par ces propositions ambitieuses formulées à Lomé, le Togo réaffirme son rôle de moteur dans la coopération sous-régionale. En simplifiant la gouvernance de l’ALCoMA et en ajustant le modèle économique, le pays entend transformer la promesse du corridor Abidjan-Lagos en une réalité économique concrète pour l’Afrique de l’Ouest.
Omar A.
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