Face à l’escalade des violences visant les ressortissants africains en Afrique du Sud, Accra et Abuja montent au créneau. Le Ghana et le Nigeria demandent officiellement à l’Union Africaine (UA) de se saisir du dossier de l’«afrophobie » lors de son prochain sommet.
Depuis plusieurs semaines, une vague de manifestations et d’actes de violence s’est emparée du pays arc-en-ciel, visant principalement les immigrés en situation irrégulière. La dégradation du climat social et sécuritaire a poussé des dizaines de milliers d’étrangers à fuir le territoire sud-africain.
Selon les données consolidées par plusieurs États africains, ils sont plus de 150.000 étrangers à quitter l’Afrique du Sud ces dernières semaines. Et dans le lot, on compte près de 1.500 Nigérians et 926 Ghanéens rapatriés vers leur pays respectif grâce aux opérations d’évacuation mise en place par Abuja et Accra.

Le Ghana et le Nigeria contre l’« afrophobie »
Face à cette urgence humanitaire et diplomatique, les ministres des Affaires étrangères du Ghana et du Nigeria se sont entretenus afin de coordonner leur riposte diplomatique.
Dans un communiqué conjoint publié le samedi dernier, Accra et Abuja ont condamné « toutes les formes de xénophobie, d’afrophobie, d’intolérance et de violence dirigées contre des ressortissants africains. »
Les deux diplomaties rejettent catégoriquement la stigmatisation subie par leurs citoyens et qualifient la situation d’’’afrophobie’’ : un terme fort destiné à souligner le caractère ciblé de ces exactions entre pays frères du continent.
Vers un débat crucial au sommet de l’UA en 2027
Le Ghana et le Nigeria ne comptent pas en rester aux simples condamnations verbales. Les deux poids lourds de la CEDEAO, plaident désormais pour que la question de la xénophobie soit officiellement inscrite à l’ordre du jour du prochain sommet de l’Union Africaine, prévu au début de l’année 2027.

Cette initiative vise à mettre l’Afrique du Sud face à ses engagements communautaires concernant la libre circulation et la protection des citoyens africains sur son sol, tout en appelant à une réponse continentale coordonnée pour mettre fin à cette crise récurrente.
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