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La saison des pluies est souvent synonyme de fraîcheur, mais dans nos villes, elle rime trop fréquemment avec parcours du combattant. Alors que l’état de nos routes, dans les quartiers, laisse déjà à désirer, un phénomène vient aggraver la situation : l’incivisme des riverains. Entre l’obstruction des voies devant les concessions et le manque de civisme collectif, circuler devient un enfer.

Dès les premières gouttes de pluie, le constat est le même. Les nids-de-poule se transforment en véritables marres d’eau, le bitume s’éclipse sous les eaux et les voies non bitumées deviennent de gigantesques bourbiers. La dégradation des routes en saison des pluies, aggravée par les gros camions, est un défi majeur pour les municipalités.

Cependant, la nature n’est pas la seule responsable. Le manque d’infrastructures de drainage adaptées et le défaut d’entretien transforment rapidement le réseau routier en piège pour les automobilistes et les motocyclistes.

A cet état défectueux de nos routes, s’ajoute un phénomène des plus incompris : le blocage des routes devant les concessions, en plein cœur des quartiers.

C’est ici que le bât blesse. Pour protéger leur propre concession des inondations ou de la boue, certains riverains n’hésitent pas à ériger des barrières de fortune. Dépôts sauvages de sable à leur devanture, installation de pneus, de grosses pierres ou de troncs d’arbre pour dévier les véhicules, ou les plus dingues qui creusent des tranchées artisanales non signalées… Et le résultat est sans appel : la route déjà difficilement praticable, devient partiellement ou totalement bloquée.

Cet incivisme routier force les usagers à faire de longs détours, crée des embouteillages monstres dans les ruelles secondaires et augmente considérablement le risque d’accidents.

L’autre visage de cet incivisme en saison des pluies est la gestion des déchets. Pour beaucoup, la pluie est une « opportunité » pour vider les poubelles dans les eaux de ruissellement.

Ces déchets finissent par obstruer les caniveaux et les buses d’évacuation. Et comme conséquence directe, l’eau sort de son lit, envahit la chaussée, stagne devant les concessions et accélère la destruction du réseau routier. C’est un cercle vicieux où tout le monde est perdant.

Notons que pour retrouver des routes praticables, même en pleine saison des pluies, plusieurs leviers doivent être activés. D’abord, le bon sens par la sensibilisation de proximité qui devra rappeler aux uns et aux autres que la route est un espace public. Bloquer une voie pour protéger son pas de porte déplace simplement le problème chez le voisin.

L’on devrait solliciter l’action des autorités locales, notamment les municipalités qui doivent faire appliquer la loi de manière stricte ; amendes pour occupation anarchique ou dégradation de la voie publique.

Enfin, organiser des travaux communautaires tels que des opérations de curage des caniveaux avant et pendant la saison des pluies pour faciliter l’évacuation des eaux.

Même si le fait est que la saison des pluies met à rude épreuve nos infrastructures routières, rejeter systématiquement la faute sur l’État ou la météo ne résoudra rien si, à notre échelle, nous bloquons les voies de passage. Le civisme commence au pas de notre porte. Pour le bien de tous, libérons les routes !

La Rédaction

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