A la première session ordinaire du Conseil National du Crédit (CNC), au titre de l’année 2026, les informations disponibles indiquent que la croissance économique devrait s’accélérer en 2026, dans un contexte de stabilité des prix et de soutenabilité budgétaire. Ainsi, le taux de croissance économique est projeté à 6,5% en 2026, après 6,2% en 2025.
Tous les secteurs contribueront à cette croissance, en particulier le secteur tertiaire, avec une contribution attendue à 4,0 points de pourcentage, grâce notamment au dynamisme des services marchands et des plateformes aéroportuaires.
A en croire le ministère des finances et du budget, les contributions des secteurs secondaire et primaire sont projetées à 1,4 point et 1,1 point respectivement, en liaison avec, entre autres : la poursuite des investissements dans les industries de transformation agroalimentaire et les infrastructures logistiques ; ainsi que la modernisation de l’agriculture, à travers le Programme de Modernisation de l’Agriculture au Togo (2025-2034), qui vise à améliorer les rendements et l’accès au financement.

Cette accélération de la croissance économique s’accompagnerait d’une inflation faible et maîtrisée. En effet, le taux d’inflation est attendu à 1,8% en 2026, après 0,4% en 2025, un niveau qui reste contenu dans la norme communautaire. Par ailleurs, les indicateurs de finances publiques devraient rester sous contrôle, en liaison avec notre stratégie rigoureuse de consolidation budgétaire. » Comme vous le savez, le Gouvernement s’est résolument engagé à maintenir une trajectoire de réduction du déficit public, en augmentant surtout les ressources mobilisées « , a dit Essowè Barcola, le ministre des finances et du budget.
Toutefois, reconnait-on au ministère des finances et du budget, la résurgence des tensions géopolitiques et leurs effets potentiels, en cas de persistance, pourraient affecter le cadre macroéconomique du pays, à travers notamment : les hausses du cours des hydrocarbures et des prix des intrants agricoles, qui augmenteraient les coûts pour les entrepreneurs et les agriculteurs et, in fine, diminueraient le pouvoir d’achat des ménages ; les perturbations des chaînes logistiques maritimes et aériennes, qui risquent de renchérir les biens d’équipement et de consommation importés ; et enfin des tensions de liquidité sur les marchés financiers, en liaison avec des incertitudes macroéconomiques, qui risquent d’accroître le coût d’endettement.
Anticipation des chocs
Face à cette situation d’incertitude, le Gouvernement demeure déterminé à poursuivre les réformes structurelles visant à consolider la résilience de l’économie nationale. Il accorde une attention particulière aux risques pesant sur l’évolution du tissu économique et des prix.

« A cet égard, le Gouvernement prendra, au moment opportun, des mesures ciblées pour assurer la stabilité du cadre macroéconomique favorable pour le bon déroulement de l’activité d’intermédiation financière », a informé Essowè Barcola.
Evolution du financement de l’économie et la situation du secteur financier
Au ministère des finances, on indique que la première évolution porte sur l’accroissement continu du volume de crédits octroyés aux opérateurs économiques. En effet, le volume des nouvelles mises en place de crédits bancaires a progressé de 15% en un an pour atteindre 1.111 milliards en 2025.
Au titre des institutions de microfinance, sur la même période, les nouveaux concours en faveur des agents économiques se sont élevés à 340 milliards, contre 302 milliards, un an plus tôt. S’agissant particulièrement des crédits au secteur agricole, notons que, si la progression à 13 milliards en 2025, contre 8 milliards un an plus tôt, est un signal positif, elle reste encore marginale au regard du poids de l’agriculture dans notre Produit Intérieur Brut et du potentiel de développement du secteur.
Pour le ministre des finances, pour que la modernisation de notre agriculture soit une réalité, ce montant ne doit plus être une exception, mais il devrait progresser de manière vigoureuse. « J’invite alors les banques et les institutions de microfinance à ne plus percevoir l’agriculture comme un risque, mais plutôt comme un marché stratégique et opportun, en s’appuyant davantage sur les garanties offertes par les mécanismes nationaux et régionaux », a dit le ministre Barcola.

Le deuxième constat positif relevé par le ministère des finances concerne la baisse du coût du crédit, avec un taux d’intérêt débiteur moyen ressorti à 7,4% en 2025, contre 7,6% en 2024. Un point de vigilance majeure tout de même : la dégradation de la qualité du portefeuille de crédit des banques, avec un taux brut qui est passé de 7% en 2024 à 13% en 2025, après plusieurs années de tendance baissière.
« Cette évolution est très préoccupante à tous les égards. Elle ne doit pas devenir structurelle au risque d’asphyxier la capacité de financement des banques. J’exige des institutions financières, non seulement un renforcement immédiat de l’analyse du risque, mais surtout une activation plus vigoureuse des mécanismes de recouvrement », a martelé le ministre des finances.
Koudjoukabalo
(In LE MEDIUM n°695 du 31 Mars au 06 Avril 2026)
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