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Le monde éducatif et l’opinion nationale a été témoin d’une scène surréaliste le 11 janvier dernier à Lomé. En effet, un acte grave de violences a entrainé le décès d’un enseignant à l’École primaire publique (EPP) de Dodomé, dans la commune du Golfe 3 à Lomé.

Alors que l’émotion est encore vive, des réactions fusent de partout pour condamner cet acte ignoble, qui rappelle encore le rôle central qu’ont les parents dans l’éducation de leurs progénitures. Certes, l’enquête judiciaire, ouverte sur instruction du Procureur de la République, a conduit à l’arrestation de neuf suspects, âgés de 16 à 19 ans. Mais une question reste posée : comment de jeunes adolescents en sont arrivés à cet extrême ?

Est-il qu’on ne reverrait plus jamais Monsieur Mouzou Padokani, arraché brutalement à la vie ! Ce drame ne cesse de susciter émoi et consternation. Dans la foulée, des hommages sont rendus à cet Homme qui a sacrifié sa vie pour l’éducation des plus jeunes, ceux-là mêmes qui ont décidé de l’envoyer de l’autre côté de la rive.

Découvrons, dans les lignes qui suivent, une belle prose, un poème écrit par Sami Tchak, en hommage à cet ENSEIGNANT !

Par Tchak — 13 janvier 2026

Titre: Quand la lumière s’éteint

Écoutez… 

Quelqu’un parle. 

Quelqu’un crie en silence. 

Voici la voix d’un enseignant… 

Le cri venu d’un cœur qu’on étouffe

Tôt le matin, déjà à quatre heures, 

J’abandonne mon pauvre lit pour mes fiches… mes copies. 

Déterminé à propager le savoir, 

Aux confins de ce rectangle par Dieu oublié…

J’ai servi. 

À Afossala, 

À Djarkpanga, 

À Timbou,

À Dako.

J’ai servi dans ces coins… 

Sans lumière. 

Sans connexion. 

Sans sourire.

Souvent loin de mes enfants, 

Abandonnés à eux-mêmes, 

Le père ?

En mission pour l’État.

Malgré ses sacrifices, 

Dans des conditions de travail extrêmes, 

Je suis toujours menacé. 

On me crie dessus. 

On me traite de paresseux. 

On pointe du doigt mes erreurs… 

Jamais mes exploits.

Je réclame de meilleures conditions de travail… 

On me vire. 

On me licencie. 

On me bastonne. 

Parfois dans la rue, 

Devant mes apprenants.

Et je dois sourire malgré mes soucis. 

Je dois les caresser malgré leur attitude. 

Je dois être doux.

Parfois, face à leurs caprices, 

Il me faut rougir un peu.

Il me faut sortir les griffes. 

Il faut que j’intimide, que je dissuade…

Mais…

Je ne dois pas !

Ces enfants, c’est de l’or à protéger. 

Ils sont sensibles ? Ne les effraie pas, me dit-on. 

Ils sont tels des vitres ? Ne les brise pas, me dit-on. 

Ces enfants sont précieux ? Ne leur crie pas dessus, me dit-on.

Souris ! Souris ou…

Tu dégages.

Parfois, ces enfants me crachent dessus. 

Je ne dois pas réagir. 

Ils arrivent bourrés, ivres ? 

C’est leur droit.

Ils sont amis des stupéfiants ? 

Ce n’est pas grave. C’est la tendance. 

Ils viennent armés ? 

Je dois poursuivre.

Ils sont agressifs. 

Ils sont violents. 

Ils frôlent la barbarie…

Mais…

Je dois sourire. 

Je dois me taire.

Ou je dégage.

Eux, sont protégés. 

Par de puissants organismes. 

Moi… 

Je n’ai même pas un syndicat.

Je n’ai pas de droit. 

Je n’en ai aucun. 

Je dois me taire. 

Ou je dégage !

Nos établissements sont des ghettos. 

Nos apprenants gangsters, des dealers

Ils nous menacent, 

Ils nous lapident, 

Ils nous TUENT.

Mais nous devons nous taire, 

Car ils ont des droits. 

Ils sont précieux. 

Ils sont fragiles…

Alors on accepte. 

Ou on dégage.

À la mémoire de tous ceux qui enseignent dans l’ombre.

Et qui tombent dans le silence éternel.

Repose en paix, collègue !

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