Après l’arrestation et l’évacuation de celui qui a régné douze ans sur le Venezuela, les chancelleries du monde entier s’indignent de la situation créée par les États-Unis, ou bien s’y engouffrent. L’Afrique, elle, se presse plus ou moins.
Après la capture et l’incarcération sidérante du Vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, dans un centre de détention new-yorkais, les diplomates impuissants des autres nations jouent les médecins après la mort.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a jonglé en qualifiant le déchu de « confiscateur de pouvoir » et l’intervention américaine de contraire « au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international ».

Le président Emmanuel Macron a quant à lui déclaré le 5 janvier que la « méthode employée » par Washington n’était « ni soutenue ni approuvée » par la France. Tout en répétant que Maduro était « un dictateur » et que son départ était « une bonne nouvelle pour les Vénézuéliens ».
Samedi, l’Union africaine (UA) a exprimé sa « grave préoccupation » face aux évènements. Alors que l’administration Trump se gargarisait du succès de son « opération de grande ampleur », l’organisation continentale africaine déroulait un jargon qui ne mange pas de pain : attachement aux principes de « souveraineté des États et de non-ingérence », « engagement inébranlable » en faveur des principes fondamentaux du droit international, tels qu’inscrits dans la Charte des Nations unies, « retenue », « responsabilité », « respect mutuel », « paix »…
Appel à une réunion onusienne
Au niveau des États, l’Afrique évoque une violation manifeste de la Charte de l’ONU et appelle le Conseil de sécurité à se réunir d’urgence au côté de Caracas. Le Tchad embouche la même trompette de l’impérieux respect du droit international. Le Ghana qualifie l’opération américaine d’acte « colonial » et « impérialiste » qui n’a plus « sa place dans l’ère post-Seconde Guerre mondiale » et qui constitue un dangereux précédent pour l’ordre mondial.

Au moment du basculement de la fin de semaine, le chef de la diplomatie vénézuélienne, Iván Gil, affirmait avoir reçu des messages de solidarité de la Namibie, du Liberia, de l’Angola ou encore de la Gambie.
Prudence d’amis
Au-delà de ces déclarations, les regards de la presse internationale se sont tournés vers les pays africains alliés sur les plans politiques et énergétiques. Au nombre de ceux-ci figure d’abord l’Algérie, où s’était rendu Nicolás Maduro en juin 2022.
L’alliance économique et idéologique entre Alger et Caracas pourrait être ébranlée par l’arrestation du désormais ex-président vénézuélien. Le président Abdelmadjid Tebboune avait salué des « relations historiques denses » entre les deux pays et évoqué un renforcement des relations bilatérales. L’organe de presse El Moudjahid, lui, décrit l’opération américaine comme un « tournant dangereux ».

C’est vers un Sahel officiellement silencieux, au cours du week-end, que les micros ont été orientés, à la recherche de réactions d’amis de l’ami russe de Maduro. À Moscou, le ministère des Affaires étrangères a dénoncé une « violation inacceptable de la souveraineté d’un État indépendant ».
Les régimes ouest-africains issus de putschs devraient trouver dans le thriller américano-vénézuélien de la matière pour leurs discours qui dénoncent régulièrement des tentations impérialistes de renversement des juntes malienne, nigérienne ou burkinabè. Ouagadougou et Niamey auraient témoigné leur indignation en privé.
MSN
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