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Le mode de gouvernance au Togo connaît une évolution profonde. L’action publique s’inscrit désormais dans une logique où la parole engage, où l’engagement se mesure et où la responsabilité ne se concentre plus, mais se partage. Cette nouvelle approche, fondée sur la clarté des objectifs, la redevabilité des acteurs et l’implication collective, redessine les contours de l’État et transforme le rapport entre gouvernants et gouvernés.

Le nouveau modèle de gouvernance repose d’abord sur une exigence de lisibilité. Les politiques publiques se veulent, surtout au cours de ces dernières années, plus explicites dans leurs ambitions, structurées dans leurs priorités et mesurables dans leurs résultats. Chaque réforme, chaque programme, chaque investissement est appelé à s’inscrire dans une vision clairement formulée, accessible à tous et compréhensible par chacun.

Cette clarté constitue un acte politique fort, qui engage l’État à sortir de l’implicite et à assumer pleinement ses choix. En nommant les objectifs, le pouvoir public accepte d’être évalué à l’aune de ce qu’il promet, et non de ce qu’il suggère.

La redevabilité, pilier de la confiance citoyenne

Dans cette nouvelle architecture de gouvernance, la redevabilité s’impose comme un principe cardinal. Gouverner ne consiste plus uniquement à décider, mais aussi à rendre compte.

Les institutions, les administrations et les responsables publics sont appelés à expliquer leurs actions, à justifier l’utilisation des ressources et à démontrer l’impact réel des politiques mises en œuvre.

Cette culture de la reddition de comptes contribue à renforcer la confiance des citoyens. Elle instaure un dialogue plus mature entre l’État et la société, fondé sur la transparence plutôt que sur la distance. La redevabilité devient ainsi un instrument de légitimité, mais aussi un levier d’amélioration continue de l’action publique.

Une responsabilité désormais partagée

Autre marqueur fort de ce nouveau mode de gouvernance, la responsabilité ne se limite plus aux seules sphères étatiques. Elle s’élargit et se partage. Collectivités territoriales, secteur privé, société civile, partenaires techniques et citoyens eux-mêmes sont appelés à jouer un rôle actif dans la mise en œuvre des politiques publiques.

La décentralisation, la promotion des partenariats public-privé et l’implication croissante des communautés locales traduisent cette volonté de co-construction. Le développement n’est plus pensé comme une injonction descendante, mais comme un projet collectif, où chacun contribue selon ses compétences et ses responsabilités.

Ce changement de paradigme impose une transformation des pratiques institutionnelles. L’exemplarité devient une exigence, tant dans la gestion des ressources que dans le respect des règles. La modernisation de l’administration, la digitalisation des services publics et le renforcement des mécanismes de contrôle participent de cette dynamique.

Faure Gnassingbé y veille

« Si la République change, la méthode de gouvernance doit changer aussi. La gouvernance que je propose repose sur la clarté des engagements, la redevabilité et la responsabilité partagée. Il ne s’agit plus seulement d’annoncer, mais d’exécuter. Je veux que ce mandat soit jugé non sur ses intentions, mais sur ses résultats », disait-il le 2 décembre 2025.

La priorité du gouvernement dans la 5e République sera donc l’efficacité. Chaque ministre, a prévenu le président du Conseil, sera engagé sur des objectifs clairs, suivis, mesurés. « Chaque projet doit avoir un calendrier, un budget, un responsable et un suivi. Nous nous engagerons sur des cibles vérifiables (…) Je l’ai dit, cette nouvelle République est une République d’équilibre, une République d’avenir », a-t-il fait savoir à l’Assemblée nationale.

Omar A.

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