La filière coton est considérée comme l’une des colonnes vertébrales de l’économie rurale togolaise. Elle connaît un regain d’énergie appréciable. Entre réformes structurelles, amélioration des rendements et mobilisation croissante des producteurs, le coton conserve sa place dans le paysage agricole et dans les marchés régionaux.
Dans les différentes régions du pays, le coton est l’une des principales sources de revenus pour des milliers de ménages. Son caractère structurant en fait une culture essentielle pour l’équilibre économique des territoires ruraux.
Grâce aux incitations étatiques et à l’amélioration des mécanismes d’organisation, les producteurs renouent avec une filière qui offre des perspectives plus stables, mieux rémunérées et accompagnées par des dispositifs d’appui renforcés.

Des réformes profondes
Au courant des difficultés présentes, l’État engage une série de réformes visant à moderniser la filière et à restaurer la confiance entre les acteurs. Renforcement de la gouvernance, professionnalisation des coopératives, distribution encadrée des intrants, amélioration de la qualité des graines et mécanismes transparents de fixation des prix : autant de mesures qui contribuent à assainir une chaîne de valeur stratégique.
Ces réformes structurantes améliorent les rendements, de rehausser la qualité du coton graine et de soutenir l’engagement des producteurs, désormais mieux encadrés et mieux informés. 60.403 tonnes de coton-graine ont été produites en 2024-2025, avec un rendement moyen de 797 kg par hectare, selon la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT). Lors de la campagne précédente, 67.000 tonnes avaient été récoltées.
Pour la campagne 2025-2026, 93.000 tonnes sont attendues, avec un emblavement de 110 .000 hectares. Les mesures prises pour y arriver sont le maintien du prix d’achat du coton-graine à 300 francs CFA/kg, ainsi que le prix des engrais NPKSB et Urée à 14.000 francs le sac, malgré la flambée du prix de ces intrants sur le marché international.
Défis et plan de relance
En termes de nombre de producteurs recensés, il est de 76.000 pour la campagne en cours, contre 111.000 en 2020-2021. La raison de cette baisse est que les producteurs vieillissent et les jeunes désertent. C’est eu égard à cela que les pouvoirs publics tablent sur un plan de relance énergique, qui comprend la formation de 120.000 producteurs, l’extension de l’irrigation, le soutien à la mécanisation, l’introduction de pratiques d’agriculture régénérative.
Une feuille de route, couvrant la période 2025-2030, est à l’étude, avec pour objectif de relancer durablement la production nationale. Selon les projections, la mise en œuvre effective de ce plan devrait permettre d’atteindre, d’ici à 2030, une production annuelle comprise entre 150.000 et 200.000 tonnes de coton graine.
La mise en marche d’unité de transformation, encore limitée mais prometteuse, ouvre également de nouvelles perspectives : valorisation locale de la fibre, création d’emplois industriels et augmentation de la valeur ajoutée nationale.

L’usine textile Star Garments, par exemple, inaugurée en juin 2025 sur la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA), est une unité majeure de transformation de coton. Elle vise à transformer le coton togolais en vêtements finis, renforçant ainsi la chaîne de valeur du secteur textile. Plus de 2.000 emplois d’ici fin 2025, avec plus de 60 % pour les femmes, et en tout plus de 4.500 emplois directs et indirects d’ici 2030, sont attendus d’elle.
En misant sur la qualité, la transparence, l’organisation et la transformation, le Togo vivifie sa filière coton et fait d’elle un symbole de prospérité rurale et de compétitivité internationale.
Omar A.
E-mail : maciteinfo@gmail.com; bawela1@gmail.com
Pour vos annonces, (publi)reportages, etc., joignez-nous au (00228)91515309/79872224
www.macite.tg, L’information, la bonne !
