Le monde s’effondre autour de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), depuis deux ans. Le parti Orange vit une crise sans précédent. En dehors des défections d’éminentes personnalités du parti, Jean-Pierre Fabre, parallèlement à ses charges de Maire du Golfe 4, a eu de lourdes tâches durant ces deux dernières années. Il a signé près de vingt documents d’exclusion définitive de cadres influents du parti Orange. Après l’exclusion définitive de onze cadres du parti en 2023, et un seul en 2024, le 24 janvier 2025 a été un jour des plus spéciaux à l’ANC, avec l’exclusion définitive de sept de membres des plus en vue du parti, pour souhaiter les meilleurs vœux de l’année 2025 du président national à ses militants et à l’ensemble des Togolais.
Dans un communiqué en date du 24 janvier 2025, comme ce fut le cas pour tous les exclus, l’ANC évoque une « indiscipline caractérisée » et un « refus délibéré » de se conformer à la ligne politique du parti. Selon la formation politique, ces membres ont violé les principes et les consignes internes, ce qui a conduit à leur exclusion immédiate et définitive.
Cette décision des dirigeants de ce parti, quoique légaliste et raisonnable, suscite des interrogations. Lorsqu’on adhère à un parti ou à un regroupement, on est tenu de respecter les lois et les décisions qui sont adoptées. Cependant, comment sont prises les décisions à l’ANC ?

Face à des défections intempestives et de désobéissance sans fin qui prévalent depuis quelques années au sein du parti, il va sans dire que les décisions sont prises sans consulter ou écouter les propositions de la base. Si c’était deux ou trois membres qui allaient à l’encontre de la ligne politique du parti, l’on comprendrait. Mais là, on parle d’une vingtaine de cadres importants, qui s’opposent à des décisions dites du parti. C’est la preuve que c’est une dictature qui est le mode d’opération à l’ANC. Et pour preuve.
Intervenant sur les raisons de l’opposition au refus du parti de participer aux élections sénatoriales du 15 février prochain, Robert Olympio, figure emblématique du parti affirme sans ambages : « Chez nous, c’est le narcissisme. C’est-à-dire, moi je sais tout. Ce que je dis, c’est ce qu’on doit faire ». « Nous ne sommes pas de simples exécutants. Nous sommes des partenaires, des collègues, et nous méritons le respect », a-t-il conclu.
Tous les partis politiques au monde et au Togo, ont toujours des problèmes en interne. Mais ceux-ci sont gérés avec diplomatie à travers des échanges et des conciliations des idées. Le cas le plus récent est celui du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) dont les premiers responsables avaient annoncé, tambour battant, tout comme l’ANC qu’ils ne prendront jamais part à ces élections qu’ils jugent inopportunes. Contre toute attente, les mêmes responsables sont revenus sur leur décision en positionnant deux de leurs membres. Bien que les dirigeants du CAR tentent d’expliquer leur volte-face par une volonté de résoudre les problèmes du pays, comme le soutient diplomatiquement le président national du parti, Yao Daté : « Nous ne sommes pas là pour chercher des postes, mais pour résoudre les problèmes de notre pays », la réalité est toute autre.
Selon nos informations des sources qui ne souffrent d’aucun doute, le président Daté a été interpellé par la base, suite à ses déclarations de boycott du scrutin sénatorial. Après des discussions inclusives sur le sujet, ce dernier a été forcé de ravaler ses vomissures en annonçant la participation de son parti à ces élections. Ceci pour préserver la sérénité au sein du parti, et pour le respect de la volonté dominante de la base. « Seuls les imbéciles ne changent pas », dit le vielle adage. Ce qui est difficile, voire impossible à faire pour le ‘’métis’’ de Kodjoviakopé et ses acolytes.

Il est vrai qu’on doit respecter avec rigueur les principes qu’on s’est donnés, mais en politique, tout ne se règle pas que par le respect strict des textes ou des lois.
En décidant de maintenir son boycott des sénatoriales, l’ANC qui, avait dans un passé récent annoncé qu’il ne boycotterait plus un rendez-vous électoral au Togo, semble donc se vider progressivement, à mesure que des tensions internes émergent autour des choix stratégiques du parti. Il reste à savoir si ces exclusions marqueront un tournant décisif pour l’avenir du mouvement et de l’opposition togolaise.
Du côté des dissidents, à en croire certaines sources dignes de foi, un mouvement politique serait en train d’être créé autour du ministre Joseph Koamy Gomado.
Tout en montrant d’un doigt accusateur l’arrogance, la dictature et l’intransigeance de Jean-Pierre Fabre, beaucoup d’analystes politiques estiment que tout ce qui arrive à l’ANC aujourd’hui, serait aussi en partie la malédiction due aux actes d’humiliations, inhumaines et diffamatoires perpétrées contre le président national de l’Union des Forces de Changement (UFC), Dr Gilchrist Sylvanus Olympio, leur ancien mentor.
La listes de quelques leaders de l’ANC exclus définitivement entre le 20 février 2023 et 24 janvier 2025
Lucien Hounkanli ; Augustin Mensah ; Augustin Glokpan; Joeffery Nyaye; Victor Tossou; Tevi Nathaniel Lawson; Gbati Zoumaro; Ouro-Akpo Tchagnaou; Apekey Assehouwokan; Moumouni Mouthawakilou; Sedo Komla Mathias; Joseph Koamy Gomado; Robert Olympio, Kenou Dzidjokou, Zokevo Kokou Obakou, Alphonse Agbeko Aklade, Mouhalidina Alfa-Sika, Goutante Oudanou, et Jean Jacques Sitou Messan Folly Teko.
Tous ces ex militants de l’ANC, sont désormais privés de toute qualité de militant au sein du parti Orange, et ne font plus partie d’aucune instance dudit parti.

Dans la foulée le président Paul Dodji Apévon des Forces Démocratiques pour la République (FDR), s’est mis aussi à l’œuvre de la même manière. Il a exclu lui aussi deux de ses membres influents, notamment les conseillers régionaux Kossiwa Dabla et Mawussé Kpowayé, pour avoir pris part le samedi 08 juin 2024 et mardi 15 janvier 2025, à des réunions des conseillers régionaux de la région Maritime, à l’invitation du ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la chefferie coutumière.
Daniel A. (In CHRONIQUE DE LA SEMAINE n°732 du 06 février 2025)
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