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Le procès ouvert contre Nicolas Sarkozy et plusieurs de ses anciens ministres tentera de déterminer si le colonel Kadhafi a financé la campagne présidentielle de 2007 du candidat de la droite française. Un feuilleton judiciaire inédit qui passionne davantage les Français que les Libyens.

Parti pour occuper les prétoires pendant quatre mois, le procès du financement libyen présumé d’une campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy – celle, victorieuse, de 2007 – soulève des passions françaises. C’est que le clivant ancien président, déjà définitivement condamné dans l’affaire des écoutes, dite « Paul Bismuth », reste la statue du Commandeur de la droite « républicaine » et aurait toujours l’oreille de l’actuel chef de l’État.

La justice devra déterminer à quel point la dédiabolisation de Mouammar Kadhafi, en décembre 2007, était un renvoi d’ascenseur, se demandera si la chute létale du dirigeant libyen, quatre ans plus tard, peut apparaître comme un règlement de comptes et tentera de dévoiler à quel degré le bouillant « Sarko » était complice de chaque infraction avérée.

Si ces ingrédients dignes des grands feuilletons littéraires français du XIXe siècle font les choux gras d’une presse hexagonale déroutée par les méandres législatifs actuels, ils ne semblent intéresser que très modérément les Libyens. C’est ce qu’ont permis de constater plusieurs micros-trottoirs de correspondants occidentaux en Libye.

De la Libye à l’Afrique subsaharienne

Les citoyens libyens sont-ils désabusés, une quinzaine d’années après la chute du fondateur de la Jamahiriya ? Le pays est toujours politiquement instable, tiraillé entre deux autorités rivales, dans l’Est et dans l’Ouest.

Certes, les élites scrutent tout de même le procès parisien en cours, par appétit d’une vérité historique sur laquelle personne, en la matière, ne semble avoir de certitude absolue. Quant à Séïf el-Islam Kadhafi, second fils du « Guide », qui caresse toujours des ambitions politiques, il souhaite que la justice confirme le « pacte de corruption » qu’il avait lui-même dénoncé.

En Afrique subsaharienne, si le procès contre Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Claude Guéant et une dizaine d’autres prévenus ne fait guère la une, la liturgie néosouverainiste actuelle ne manque pas d’occasions, sur les réseaux sociaux, de convoquer la mémoire de Kadhafi ou le souvenir de Sarkozy.

Nombre d’activistes aiment présenter le premier comme un panafricain sincère fauché en pleine mission d’unification africaine, et le second comme l’incarnation meurtrière d’une Françafrique  dont les méfaits politico-financiers sont aujourd’hui renvoyés à la face de l’arrogant Emmanuel Macron. Sans compter que la déstabilisation de la Libye apparaît comme un catalyseur logistique de la crise sécuritaire actuelle dans le Sahel.

MSN

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