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Selon le rapport annuel de la dette publique au 31 décembre 2023 établit par le ministère de l’économie et des finances, A fin décembre 2023, le niveau de dette du Togo par rapport au PIB est de 66,65% du PIB. Le profil d’amortissement de la dette montre que le portefeuille de la dette est exposé à un risque de refinancement modéré compte tenu de la maturité résiduelle relativement courte des emprunts de la dette intérieure.

Le coût du portefeuille de la dette existante

Le coût du portefeuille de la dette est analysé à travers le taux d’intérêt implicite. Il ressort à 3,79% à fin décembre 2023 contre 4,15% à fin décembre 2022. Cette baisse du taux d’intérêt implicite s’explique par l’encours de l’appui budgétaire de Ida de 150 millions de dollars Usd à taux d’intérêt zéro.

La dette intérieure, dominée par les titres publics, coûte en moyenne 5,22% contre 1,52% pour la dette extérieure. La charge d’intérêt représente 2,53% du Pib. Elle est de 2,14% du Pib pour la dette intérieure contre 0,39% du Pi pour la dette extérieure. La réduction du coût de la dette dépendra de la capacité de l’Etat à mobiliser les ressources concessionnelles sur le moyen terme et le long terme.

Le risque de refinancement

Le risque de refinancement est mesuré à travers trois indicateurs : la maturité moyenne du portefeuille ; la proportion de dette qui arrive à échéance dans un an en pourcentage du Pib ; et la proportion de dette qui arrive à échéance dans un an en pourcentage de la dette totale.

La maturité moyenne de l’ensemble du portefeuille ressort à 6,45 ans à fin décembre 2023 contre 6,66 ans à fin décembre 2022. Cet indicateur est influencé positivement par la dette extérieure ayant une maturité moyenne de 8,93 ans. La maturité moyenne de la dette intérieure, quant à elle, est de 4,88 ans en 2023 contre 5,64 ans en 2022. Cette baisse est due à la préférence des investisseurs pour les titres publics de court terme qui ont contraint l’Etat togolais à émettre plus de bons du trésor au cours de l’année 2023.

L’encours de la dette arrivant à échéance au 31 décembre 2023 représente 12,20% de l’ensemble du portefeuille de la dette, soit 8,15% du Pib. La part de la dette intérieure qui arrive à échéance au 31 décembre 2023 est de 15,13% contre 7,56% pour la dette extérieure. Le profil de maturité indique une forte concentration des échéances au cours des trois (03) prochaines années, ce qui pourrait générer des pressions de trésorerie.

Le risque de taux d’intérêt

Le temps moyen de l’ensemble du portefeuille jusqu’à la révision des taux est de 6,43 ans. Cet indicateur relativement faible est influencé par la dette intérieure ayant un temps moyen de 4,87 ans. Le temps moyen de la dette extérieure est de 8,90 ans.

L’encours de la dette dont le taux sera révisé au 31 décembre 2023 représente 12,54% de la dette totale. Cette dette qui arrive à échéance sur la période doit toutefois être refinancée à de nouvelles conditions financières du marché, ce qui expose le portefeuille à un risque de taux d’intérêt. C’est le cas notamment de 15,45% de la dette intérieure à fin en 2023.

Le niveau de la dette à taux variable dans le portefeuille est négligeable (0,16%), ce qui réduit l’exposition du portefeuille aux fluctuations des taux d’intérêts.

Le risque de taux de change

Au vu de la composition de l’encours, la dette publique est moins exposée au risque de taux de change. En effet, il est composé de 71,30% de dettes libellées en Fcfa et 14,95% en Euro. Le portefeuille de la dette extérieure (38,61% de la dette totale) est tout de même influencé par les fluctuations de certaines devises majeures ((14,04% pour le dollar US et 9,38% pour le yuan renminbi (Cny)). On note une proportion importante de la dette extérieure libellée en Euro (38,72%) qui est une devise non fluctuante vis-à-vis du Fcfa. Il faut signaler également que tous les concours du FMI en Dts dont l’encours représente 25,67% de la dette extérieure n’ont pas d’effet sur le taux de change en raison de l’accord de contrepartie signé entre la Banque Centrale et l’Etat.

A en croire le Gouvernement, les efforts vont se poursuivre pour maintenir la dette extérieure à un risque modéré de surendettement avec des marges conséquentes pour absorber les chocs et ramener le risque de surendettement global élevé à un risque de surendettement global modéré en 2026.

                 Ali Samba (In LE MEDIUM n°613 du 09 au 15 Juillet 2024)

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