La réflexion sur les causes de la domination de l’Afrique par l’Occident, ne peut s’effectuer sans accorder une place capitale au christianisme et son rôle non-négligeable dans l’attendrissement des Africains de la colonisation. L’utilité de cette religion pour les colons fut avérée, et elle apparait de nos jours, à bien des regards d’Africains engagés dans la lutte de libération du continent noir du joug de l’Occident, comme un instrument d’une efficacité remarquable dont se sert l’Europe dans ses exactions.
Les diverses interprétations d’un fait historique (la politique des trois C) emmènent à réduire la finalité du christianisme à un outil européen de domination des Noirs. Cependant, pour peu qu’on se donne à une analyse de la situation socioreligieuse et politico-religieuse de la situation de l’Afrique, force est de constater que la religion est de nos jours, une arme secondaire et à impact réduit, dans l’important arsenal déployé par l’Occident pour garantir sa suprématie sur l’Afrique.

La question se pose alors de savoir si l’identification du christianisme comme instrument occidental de domination de l’Afrique relèverait-il d’un mythe ou d’une réalité ? En faisant nôtre cette préoccupation, qui cristallise les attentions dans plusieurs espaces de débats intellectuels, nous y porterons notre réflexion en mettant en relief, dans un premier temps, quelques-unes des réelles racines du mal nègre, qui favorisent l’hégémonie occidentale, ensuite, comment est vécu le christianisme en Afrique, et nous finirons en essayant de comprendre, en quoi cette accusation du christianisme s’éloigne de la réalité.
1- La domination occidentale, au-delà du christianisme
La mauvaise posture, qui est celle actuelle de l’Afrique, dans son rapport avec l’Occident, est le résultat d’un ensemble de stratégies savamment mises en place par ce dernier, pour assurer son contrôle sur le tiers-monde. De la politique au socio-culturel en passant par le savoir-faire techno-scientifique, l’Europe dispose de toute une armada de moyens au service de son dessein impérialiste.
Au premier rang de ces moyens, nous trouvons les jeux politiques et leurs finalités. Des organisations internationales aux instances décisionnelles des Etats africains, rien n’est laissé au hasard par les occidentaux, pour la pérennisation de leur suprématie.
Un système politique calqué sur le modèle européen, qui laisse la porte ouverte à une ingérence dans les affaires politiques des anciennes colonies. Une souveraineté de façade dans laquelle le choix des dirigeants n’est conforme qu’à la volonté des métropoles. Des coups d’état tant militaires que constitutionnels, orchestrés et soutenus par les pays de l’Occident. La liste des combines politiques de l’Occident, qui lui garantissent sa domination de l’Afrique, est bien longue.

Sur le plan économique, l’amer constat est que les pays fournisseurs de matières premières sont déclarés pauvres et endettés par les pays dits développés. Ils sont de ressources limitées au point d’être quasiment incapables de nourrir leurs populations, sans l’aide que leur apporte leurs débiteurs. L’ambigüité de la situation est telle que cette remarque et interrogation du Professeur Kuamvi Mawulé Kuakuvi ne peuvent nous laisser indifférents : « Dans les pays d’Afrique noire, quelques soient les réussites et les progrès vantés, vous trouverez toujours en appendice, des dettes et des déficits ; la survie du pays, en dernier ressort, dépend toujours de l’aide extérieure. L’économie africaine est boiteuse (si économie il y a) l’agriculture défaillante … Pourquoi ? »
Aussi, notons-nous un système socio-culturel qui alimente le complexe de supériorité de l’Occident. En effet, dans son rapport avec ce dernier, l’Afrique est plus encline à donner du crédit à la civilisation européenne et tout ce qu’elle peut offrir. Entre autres, un matérialisme qui fait l’apologie du consumérisme, l’individualisme et un mode de vie à l’occidental sous l’égide de la modernité. C’est donc volontiers que l’Afrique se met au pas derrière l’Occident dans le sillage de la modernité qui lui offre l’espoir du progrès, de la civilisation et de l’émancipation. Or, il va sans dire qu’«être, paraître civilisé à l’occidentale ou disparaître, voilà le triangle du Mal Nègre.»
Par ailleurs nous observons que le monopole des inventions techniques, des cadres de leurs avènements et la transmission des connaissances, est essentiellement détenu par l’Occident. L’ensemble des caractères, propres à la vie intellectuelle, est élaboré par elle, et à son service ; elle se réserve toutes les prérogatives de l’initiation et de la formation des autres. Une science et une technique aux conditions desquelles l’Afrique se soumet volontiers, ce qui perpétue sa dépendance. Un savoir-faire dont l’Occident se garde la possession exclusive par un lock-out total, ce qui lui donne un réel pouvoir.

Après ce bref détour qui nous ouvre les yeux sur les réels moyens de domination occidentale, faisons un pas supplémentaire pour cerner ce qu’est le christianisme en Afrique et qui lui vaut d’être considéré comme instrument occidental de domination.
A suivre….
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