La deuxième réunion de l’année du Comité de concertation État-secteur privé (CCESP), présidée par le ministre des Finances et du Budget, Essowè Barcola, a vu la participation de plusieurs membres du Gouvernement ainsi que les principales organisations représentatives du secteur privé. La rencontre a été un cadre d’échanges sur plusieurs questions majeures liées au développement de l’économie nationale et à l’amélioration de l’environnement des affaires.
Selon le gouvernement, la réunion a permis de faire le point sur les activités du CCESP au cours des trois derniers mois et l’examen de la contribution du secteur privé au développement du pays, en lien avec la nouvelle feuille de route gouvernementale 2026-2031.
Les discussions ont mis en évidence l’interdépendance entre la nouvelle feuille de route gouvernementale 2026-2031, la stratégie de mobilisation des ressources et le développement des partenariats public-privé. Trois leviers appelés à contribuer à la réalisation des priorités nationales et à la consolidation d’une économie plus résiliente et compétitive.

Les échanges ont également porté sur le projet de stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (SRMT), les évolutions récentes de l’économie internationale et leurs éventuelles répercussions sur le Togo, ainsi que sur le développement des partenariats public-privé.
La Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (SRMT) 2027-2031 fixe la trajectoire par laquelle le Togo entend porter son taux de pression fiscale de 13,3 % en 2025 à 18,6 % en 2031, convergeant ainsi vers la norme communautaire UEMOA de 20 %, tout en préservant la soutenabilité des finances publiques et le climat des affaires.
Élaborée par le Comité SRMT sous l’autorité du Ministère des finances et du budget, elle articule la politique fiscale, l’administration des recettes et la programmation budgétaire autour des priorités de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031.
La vision est de doter le Togo, à l’horizon 2031, d’un système de mobilisation des recettes intérieures, moderne, équitable et fondé sur la donnée avec pour objectif d’accroître les recettes selon une trajectoire progressive d’au moins 0,5 point de PIB par an. La pression fiscale passerait de 14,1 % en 2026 à 15,6 % en 2027, 16,5 % en 2028 et 18,6 % en 2031, soit un gain de 4,5 points de PIB. Le rendement des mesures de recettes non fiscales est attendu chaque année à 15 % de celui des mesures fiscales, soit 18,2 milliards en 2027 et 62,9 milliards sur la période.
A travers la SRMT, le gouvernement veut faire passer les recettes fiscales de 1.043,7 en 2026 à 2109 milliards en 2031. L’ambition du gouvernement est de mieux mobiliser et davantage mais sans surtaxe pour les opérateurs économiques. Le ministre des Finances et du Budget a rappelé la nécessité de poursuivre les efforts visant à créer un cadre propice à l’investissement privé, notamment à travers la sécurité juridique, la stabilité fiscale et le développement des partenariats public-privé.

Pour le secteur privé, ces différents sujets revêtent une importance particulière dans un contexte marqué par des incertitudes économiques internationales, des tensions géopolitiques et leurs effets sur les chaînes d’approvisionnement, les coûts de production et le pouvoir d’achat. La nécessité d’une mobilisation accrue des compétences et de l’expertise du secteur privé pour accompagner les ambitions de développement du pays a été relevé.
Pour ce faire, le secteur privé a réaffirmé son engagement en faveur d’un dialogue constructif et régulier entre les pouvoirs publics et le secteur privé. Ce cadre constitue en effet un espace privilégié pour porter les préoccupations des entreprises, contribuer à l’identification de solutions et favoriser la mise en place de mesures susceptibles de renforcer la compétitivité du secteur privé.
(In LE MEDIUM N°724 du 12 au 19 Octobre 2026)
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