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Soutenir les pêcheurs, développer la pisciculture, mais aussi former une nouvelle génération de professionnels capables de transformer la filière halieutique, c’est l’ambition que professe les autorités togolaises depuis quelques années.

De la pêche traditionnelle à une aquaculture mieux équipée

Le soutien aux activités halieutiques se trouve dans l’élan de sécurisation et d’accroissement de la production. La mise à disposition d’alevins et de cages flottantes pour la pisciculture contribue au développement de l’aquaculture, une activité appelée à jouer un rôle croissant dans l’approvisionnement en produits de la pêche.

L’alevin constitue le point de départ de la production piscicole. En faciliter l’accès permet donc aux producteurs de disposer du matériel biologique nécessaire pour démarrer ou développer leurs élevages. Les cages flottantes, quant à elles, permettent d’élever les poissons directement dans les plans d’eau, en offrant un cadre organisé pour leur croissance. Elles ouvrent ainsi des possibilités de production qui complètent la pêche de capture.

L’enjeu est de produire davantage de poissons sans faire reposer l’approvisionnement exclusivement sur les ressources naturelles disponibles.

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Le carburant subventionné

Pour les pêcheurs, les charges d’exploitation peuvent rapidement peser sur la rentabilité de l’activité. Le carburant constitue notamment un poste de dépense important lorsque les embarcations motorisées sont utilisées.

La mise à disposition de carburant subventionné vise donc à réduire cette pression financière. L’effet attendu est multiple : permettre aux pêcheurs de poursuivre leur activité dans de meilleures conditions et contribuer à préserver la rentabilité de leurs sorties.

Cette mesure a aussi une dimension alimentaire. Lorsque les coûts de production deviennent trop élevés, ils peuvent se répercuter sur les prix de vente. Soutenir les pêcheurs revient donc aussi à agir indirectement sur l’approvisionnement des marchés en produits halieutiques.

Puis est venue une autre question, qui formera les professionnels de demain ?

C’est ici que la politique togolaise prend une dimension particulièrement intéressante. Car moderniser une filière suppose des équipements, mais aussi des hommes et des femmes capables de les utiliser, de gérer une exploitation, de maîtriser les techniques de production et de transformer une activité en véritable entreprise.

C’est dans cette perspective que deux Instituts de formation en alternance pour le développement (Ifad) spécialisés dans les secteurs de l’élevage et de l’aquaculture ont été créés. À Barkoissi, la formation est consacrée à l’élevage. À Elavagnon, elle est orientée vers l’aquaculture. Les jeunes titulaires du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) y suivent un cursus de trois ans conduisant au baccalauréat professionnel.

Le principe est particulièrement révélateur, former autrement pour produire autrement. Les Ifad associent en effet l’apprentissage théorique à une immersion pratique dans les réalités professionnelles. L’objectif n’est pas seulement de transmettre des connaissances, mais de préparer des jeunes à exercer un métier, à gérer une activité et, à terme, à créer leur propre entreprise. Créés en 2019 sur demande du président du Conseil, Faure Gnassingbé, les Ifad réponde à une préoccupation précise : mettre la formation professionnelle au service des secteurs considérés comme prioritaires pour le développement économique.

Le choix de l’élevage et de l’aquaculture n’est donc pas anodin. Il traduit la volonté de disposer d’une main-d’œuvre qualifiée dans des filières où le potentiel économique est important, mais où les besoins en compétences restent considérables. En six ans, les deux instituts avaient déjà formé 480 jeunes, avec un taux d’insertion professionnelle de 90 %. Plus remarquable encore, près de 70 % des diplômés ont bénéficié d’un accompagnement financier pour s’installer. La logique ne s’arrête donc pas à la formation : elle cherche à accompagner le jeune jusqu’à son entrée effective dans la vie professionnelle.

(In LE MEDIUM n°722 du 29 Septembre au 05 Octobre 2026)

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