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« Vous ravalez vos vomissures en initiant vos filles à l’église. Vous refusez les fétiches des ancêtres, mais vous voulez obéir à leur culture. Soyez précis, soit vous êtes chrétiens ou animistes, ne jouez pas le double jeu qui s’apparente à du syncrétisme ». Telles sont des critiques souvent adressées aux chrétiens catholiques, notamment kabyè (ethnie du nord-Togo), qui pratiquent leur culture à la lumière de leur foi chrétienne.

Pour les auteurs des critiques, les rites initiatiques Akpéma de la jeune fille kabyè, ne devraient pas se faire aussi à l’église catholique, mais exclusivement dans les sanctuaires ancestraux. Malgré de multiples explications qu’apporte l’église, les animistes, et même certains chrétiens, refusent de faire la différence entre ce qui est culturel de ce qui est cultuel.

Les rites Akpéma sont des richesses transmises de génération en génération pour préparer les jeunes filles à la vie d’adulte. Ce sont des traits distinctifs des kabyè. Un peu comme la langue kabyè et l’art culinaire, pour ne citer que ces deux. Le catholique kabyè est authentiquement kabyè et authentiquement chrétien. 

Le chrétien kabyè a le droit de faire Akpéma pour protéger sa culture. Ce que le chrétien demande c’est qu’on accepte qu’il vive sa culture et la protège à travers les prismes de sa foi. L’évolution du monde oblige aussi toutes les cultures à évoluer avec lui sans crier gare. Pourquoi ne pas accepter le fait que le Kabyè devienne authentiquement chrétien avec son âme de Kabyè, comme le recommandait le Saint Pape Jean-Paul II, alors qu’être chrétien catholique est bien plus bienfaisant pour nos cultures que d’aller uniquement à l’école des Blancs ? Ce qui est d’ailleurs surprenant que ceux qui refusent Akpéma continuent d’aller à l’école du Blanc.

On refuse au chrétien de faire Akpéma dans un discours français et dans d’autres langues étrangères, alors que l’Evangile nous parle en Kabyè mieux que nous-mêmes et nous rejoint dans nos réalités culturelles. Jésus serait né Kabyè qu’il boirait tchouk, lutterait Evala, serait initié kondo, ferait tout à la manière des Kabyè comme il a vécu comme Juif au milieu des Juifs, en respectant leur manière de vivre et de faire.

Comme Jésus et sa suite, l’Eglise considère tout ce qui peut se trouver de bon et de vrai dans toutes les cultures comme une préparation évangélique et comme un don de celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie. Ainsi l’on retient que les chrétiens kabyè ne sont pas les seuls à inculturer leur culture. C’est un droit que l’Eglise reconnait à tous les peuples de la terre.

Comme Jésus qui a pris notre nature humaine parce qu’elle est bonne pour la guérir du péché qui la dénature, l’Eglise fait aussi sienne les rites d’initiation des jeunes kabyè pour les purifier, grâce à l’Evangile, de ce qui en eux ne valorisent pas l’humanité et donne moins le salut.

Le chrétien catholique en croyant en un seul Dieu, Créateur, et en Jésus-Christ son seul sauveur, en lieu et place des fétiches, idoles et divinités, ne rejette pas sa culture et sa tradition. Il se les approprie toujours, les analyse à la lumière de sa foi chrétienne et promeut celles d’entre elles qui élèvent, honorent et valorisent l’humain : la médecine, les rites, l’art culinaire, la musique, les danses, les chants, la langue, l’habillement etc. 

Quelques traits distinctifs entre les rites Akpéma catholiques et ceux des non chrétiens

Lieu : Le summum des rites Akpéma chez les chrétiens se fait à l’église tandis que chez le non chrétien, c’est au sanctuaire ancestral.

Contrôle de la virginité

La jeune fille akpénou comme tout chrétien, est appelée à la lumière de l’Evangile, à l’abstinence sexuelle avant le mariage. Vérification de la virginité, c’est l’un des actes les plus attractifs qu’on soit kabyè ou non, dès qu’on parle des rites Akpéma ancestraux.

Dans certains cantons, c’est par la pierre sacrée dite pierre des fornicateurs ou une hutte avec une petite entrée juste le passage d’une tête que les initiées ayant déjà connu un garçon, sont détectées. Celle qui, malgré sa non-virginité, se hasarderait à s’asseoir sur la pierre sacrée, était châtiée sur place par une sorte d’hémorragie ou par une attaque des abeilles.

Les mêmes exigences étaient observées pour le cas du passage par le trou. Seules les vierges pourraient y rentrer, les non-vierges étaient coincées, en s’y hasardant. Malheureusement, bien que cette pratique de nos jours soit maintenue, les fétiches ou les ancêtres représentés par la pierre de fornicateur et la case à petit trou ne font plus peur aux initiées non-vierges. Car les sanctuaires ancestraux qui existent encore sont si violés ou corrompus de nos jours que les non-vierges et même celles qui ont fait des avortements peuvent s’asseoir sur la pierre de fornicateur ou passer à travers le petit trou sans aucun châtiment des ancêtres. Qu’elle est alors l’importance de ce rituel ?

La virginité d’une fille avant le mariage qui naguère était une vertu recommandée, exigée et entretenue par les coutumes et les religions ancestrales, est devenue de nos jours obsolète, oubliée ou abandonnée. Il n’est un secret pour personne que seule la religion chrétienne, dite étrangère ou du Blanc, continue au contraire de l’enseigner et de promouvoir la virginité avant le mariage, pour la pureté et la chasteté de ses fidèles devant Dieu. La virginité d’une fille avant le mariage qui faisait aussi la fierté et l’honneur par le passé des parents, des familles et à la fille elle-même n’est plus tant convoitée aujourd’hui bien qu’elle soit une bonne chose.  

Pourquoi obliger la jeune fille à montrer tout son corps et ses parties intimes, qui devraient être une exclusivité pour son futur mari, à tout un canton avant de devenir épouse et mère?

A suivre ….

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