De la rue vers la famille, l’école et l’autonomie, la réponse sociale qu’apporte le Togo au fléau est solide. Ils ont longtemps été visibles sans vraiment être entendus. Dans les rues, aux carrefours, aux abords des marchés ou dans certains espaces publics, des enfants ont grandi loin de la protection familiale, exposés aux violences, aux privations et aux incertitudes du quotidien. Face à ce phénomène, le Togo a choisi de ne pas détourner le regard. De leur identification à leur accompagnement psychosocial, familial et socioprofessionnel, une dynamique nationale s’est installée pour redonner à ces enfants ce qu’ils ont de plus précieux : un avenir radieux.
En 2020, une source officielle estimait à plus de 7.000 le nombre d’enfants en situation de rue au Togo. Derrière ce chiffre se cachent autant de parcours individuels marqués par des ruptures familiales, la précarité, l’exclusion ou encore diverses formes de vulnérabilité.
Devant cette réalité, le pays n’a pas choisi l’indifférence. Des mécanismes de prise en charge ont progressivement été renforcés pour répondre aux besoins spécifiques de ces enfants.
Une protection, plusieurs approches
La lutte contre le phénomène des enfants en situation de rue s’inscrit dans une approche globale qui associe plusieurs acteurs : services sociaux, structures sanitaires, institutions judiciaires, forces de sécurité et partenaires techniques.

L’objectif n’est pas seulement de retirer un enfant de la rue. Il s’agit avant tout de comprendre son histoire, d’identifier ses besoins et de construire avec lui un nouveau parcours.
Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), sur une année récente, 11.065 enfants victimes de violence, dont 7.928 filles, ont bénéficié d’une prise en charge adéquate à travers les services sociaux, sanitaires, judiciaires et sécuritaires. Parmi eux figuraient 366 enfants en situation de rue, dont 58 filles.
Ces enfants ont reçu un accompagnement psychosocial adapté et ont bénéficié soit d’une réunification familiale, soit d’une réinsertion dans des structures socioprofessionnelles ou scolaires. Une réponse qui montre que la protection de l’enfance ne se limite pas à l’urgence, mais vise une reconstruction durable.
De la rue à la reconstruction, une nouvelle trajectoire de vie
Pour un enfant qui a vécu dans la rue, retrouver un cadre stable représente une étape décisive. L’accompagnement psychologique permet de réparer des blessures souvent invisibles, tandis que la réintégration familiale ou scolaire lui redonne des repères essentiels.
La réunification familiale constitue l’une des solutions privilégiées lorsque les conditions sont réunies. Elle permet à l’enfant de retrouver un environnement protecteur et de renouer avec des liens parfois fragilisés par les circonstances.

Lorsque le retour en famille n’est pas possible ou n’est pas adapté, d’autres options sont envisagées, notamment l’orientation vers des structures d’apprentissage, de formation professionnelle ou d’accompagnement social. L’enfant en situation de rue n’est plus perçu comme un problème à éloigner de l’espace public, mais comme une personne vulnérable dont les droits doivent être restaurés.
La prise en charge de centaines d’enfants en situation de rue parmi les milliers d’enfants victimes de violence accompagnés par les services compétents révèle l’ampleur de l’engagement engagé sur le terrain. Elle témoigne aussi d’une volonté politique de faire de la protection de l’enfance une composante majeure des politiques sociales.
Samir B.
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